Violences sexuelles au Mali : une crise humanitaire alarmante pour les femmes

Violences sexuelles au Mali : l’urgence humanitaire pour les femmes en zones de conflit

Alors que l’insécurité persiste dans le centre et le nord du Mali, les femmes et les filles subissent une hausse alarmante des violences sexuelles dans les camps de déplacés et les zones de conflit. L’ONU alerte sur cette crise humanitaire qui s’aggrave, mettant en lumière l’exploitation sexuelle, le harcèlement et les mariages forcés comme principales menaces.

Une enquête onusienne révèle une situation critique

Une enquête menée par l’UNFPA en mai dernier confirme une augmentation significative des cas de violences sexuelles et sexistes dans les sites de déplacés internes et les régions touchées par les conflits. Les zones de Tombouctou, Gao, Mopti et Ménaka sont particulièrement affectées, avec une recrudescence des attaques perpétrées par des groupes armés, entraînant des déplacements massifs de populations.

Des femmes et filles en première ligne

Sur les 6,4 millions de personnes nécessitant une assistance humanitaire au Mali, plus de la moitié sont des femmes et des filles. Ces dernières sont disproportionnellement touchées par la crise, avec un accès limité aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR). Actuellement, moins d’un quart des établissements de santé dans les régions en crise offrent des soins complets ou un soutien aux survivantes de violences sexuelles.

  • Tombouctou : 80 % des services spécialisés fermés
  • Ménaka : 77 % des services spécialisés fermés
  • Mopti : 56 % des services spécialisés fermés
  • Gao : 76 % des services spécialisés fermés

Une réponse humanitaire insuffisante face à l’urgence

Les équipes de l’UNFPA interviennent dans 86 établissements de santé, six espaces sécurisés pour femmes et filles, et sept centres polyvalents dans les régions les plus touchées (Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou, Ménaka). En mai 2025, leurs missions mobiles ont permis d’apporter des soins essentiels à près de 3 000 personnes, dont 80 % de femmes et jeunes filles. Ces soins incluent des consultations prénatales, postnatales, ainsi que la distribution de kits de dignité et de fournitures médicales.

Cependant, la réponse humanitaire reste graves sous-financée. Sur les 16,5 millions de dollars américains nécessaires pour 2025, l’UNFPA n’a reçu que 2,9 millions, laissant un déficit de 13,5 millions de dollars. Sans financement supplémentaire urgent, les programmes de lutte contre les violences sexuelles et les services de SSR risquent de s’effondrer, aggravant encore la crise pour des milliers de femmes et filles vulnérables.

Un appel à l’action immédiat

Près de 900 000 femmes et filles au Mali sont ciblées par les programmes de santé reproductive et de lutte contre les violences sexuelles. Pourtant, la majorité de ces initiatives sont menacées par le manque de ressources. Les équipes sur le terrain appellent à un soutien financier accru pour maintenir les services existants et étendre leur couverture, afin d’éviter une détérioration encore plus rapide de la situation.