Plongez au cœur du premier épisode d’une série inédite où chaque rencontre se tisse autour d’une terre et de son auteure. Aujourd’hui, la parole est à Roukiata Ouedraogo, figure incontournable de l’humour, du théâtre et de l’écriture, née au Burkina Faso. Dans un grand entretien mené à Ouagadougou, elle se confie sur son enfance, ses débuts artistiques et ses engagements, offrant un regard unique sur une vie marquée par deux cultures.
une artiste aux multiples facettes
« Je suis autrice, humoriste et comédienne franco-burkinabè. Mon enfance s’est déroulée entre Fada N’Gourma et la vibrante Ouagadougou avant que je ne m’installe en France au début des années 2000. Mon chemin artistique s’est construit à la croisée du théâtre, de l’écriture, de l’humour, de la radio et de l’engagement. » Ces mots, empreints d’authenticité, résument le parcours de Roukiata Ouedraogo. Son expression artistique, nourrie par ses origines et son expérience migratoire, donne naissance à des récits où se mêlent rire et émotion.
des récits entre humour et nostalgie
Roukiata Ouedraogo partage dans cette série de rencontres ses réflexions sur ses livres, qui sont autant de fenêtres ouvertes sur son histoire personnelle. Dans Ouagadougou pressé, elle évoque avec finesse et humour les souvenirs de sa jeunesse à Ouagadougou, entre traditions, défis et joies. Accompagnée des illustrations d’Aude Massot, l’auteure y dépeint une galerie de personnages hauts en couleur : des braiseurs de poulet à bicyclette aux coiffeuses du quartier, en passant par les techniques de drague des jeunes hommes et les stratagèmes pour échapper aux interdits familiaux. Ce livre se révèle comme un hommage vibrant à l’enfance, à la famille et à la résilience, où le rire côtoie la mélancolie.
« On rit devant la galerie des braiseurs de poulet bicyclette, les mégères du quartier, les coiffeuses de Château-Rouge ! On succombe devant les techniques de drague des garçons choco et les ruses déployées pour feinter le papa nommé « Chien Méchant » afin de ne pas rater le bal des bacheliers… Accompagné par le dessin virevoltant et dansant d’Aude Massot, ce livre est un hymne à l’enfance, la famille, l’amitié et la différence. »
l’enfance et la résilience, thèmes centraux
Dans Du miel sous les galettes, Roukiata Ouedraogo raconte avec une plume légère et nostalgique son enfance au Burkina Faso. Elle évoque les défis quotidiens, comme les sécheresses et les pluies diluviennes, mais aussi la chaleur humaine qui caractérise son pays. Son récit met en lumière l’injustice subie par sa famille, notamment l’arrestation de son père, et célèbre la force de sa mère, décrite comme un « roc ». Cette femme, seule à élever ses sept enfants, a su leur offrir une enfance malgré la précarité, grâce à ses galettes au miel, symboles indéfectibles de son amour et de sa détermination. Pour Roukiata, ces galettes resteront à jamais liées au goût de l’enfance et de son pays natal.
De sa plume, l’auteure mêle tendresse et humour pour évoquer un passé à la fois douloureux et joyeux. Son engagement pour la justice sociale et l’égalité transparaît dans chaque page, faisant de ses livres bien plus que de simples récits : des témoignages poignants et inspirants.
Son œuvre, à la fois personnelle et universelle, invite le lecteur à découvrir les multiples facettes du Burkina Faso, entre traditions, modernité et résilience.
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