Le président Faye face aux défis de sa nouvelle formation politique

le président Faye face aux défis de sa nouvelle formation politique

Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, lors d'un événement politique à Paris en 2025

Depuis Dakar, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé sa nouvelle formation politique, KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, marquant une étape clé dans la recomposition du paysage politique sénégalais. Ce mouvement ambitionne d’élargir l’assise politique du chef de l’État, tout en préparant les prochaines échéances électorales et en consolidant sa position face à son ancien parti, le PASTEF, dirigé par son ex-Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans cette dynamique, le nouveau parti se présente comme le défenseur des valeurs républicaines et des intérêts de l’ensemble des citoyens sénégalais. Pourtant, les défis à relever s’annoncent nombreux et complexes, comme en témoigne Pape Ibrahima Kane, chercheur et analyste politique au Sénégal.

Un parti à bâtir en un temps record

Selon Pape Ibrahima Kane, la création de KIIRAAY représente un pari audacieux pour le président Faye. « Construire un parti capable de porter son fondateur au pouvoir en seulement quelques années relève de l’exploit. D’ici 2029, il ne lui reste que trois ans pour mettre en place des structures opérationnelles dans les moindres recoins du pays. Est-ce réalisable ? », s’interroge-t-il. L’expert souligne également un autre enjeu de taille : « Se séparer de son mentor politique ne suffit pas. Encore faut-il répondre concrètement aux attentes des Sénégalais. »

Des défections au PASTEF, mais une base solide

Le nouveau parti devra séduire, entre autres, les jeunes électeurs qui avaient massivement porté le PASTEF lors des dernières élections. Or, plusieurs responsables et militants ont déjà quitté le parti historique pour rejoindre le camp présidentiel. Une tendance qui, selon les observateurs, pourrait s’accentuer à l’approche des prochaines consultations.

Au sein du PASTEF, on minimise cependant ces départs. Ansoumana Sambou, membre du Secrétariat national à la communication, affirme : « Nous avons toujours évolué sous la pression, face à des adversaires qui nous ont sous-estimés. Ces démissions ne sont qu’un épiphénomène. Le PASTEF a déjà surmonté des défis bien plus redoutables : renverser un système, remporter la présidentielle dès le premier tour puis les législatives. Rien ne nous arrêtera. »

Meeting politique à Mbour en 2024 avec Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Le terrain religieux, nouveau champ de bataille

Le président Faye mise également sur le terrain religieux pour renforcer son influence. À quelques jours du Grand Magal de Touba 2026, il s’est rendu dans la ville sainte pour échanger avec les guides spirituels locaux. Une démarche perçue comme une stratégie politique par de nombreux analystes.

« Le domaine religieux a toujours été un levier puissant en politique sénégalaise. Les marabouts conservent une influence majeure. En renforçant la protection de Touba contre les inondations, le président Faye envoie un message fort à ces acteurs clés », analyse Pape Ibrahima Kane.

Après son assemblée générale constitutive, KIIRAAY se prépare désormais à son premier congrès, prévu après la saison des pluies. Le premier test électoral pour le jeune parti sera les élections locales de début 2027, potentiellement couplées à des législatives anticipées.

Une chose est sûre : le président Faye et sa nouvelle formation politique entrent dans une phase décisive, où chaque choix stratégique pourrait redessiner l’avenir politique du Sénégal.