
L’ambassade de France à Yaoundé a récemment justifié le renforcement des procédures d’attribution des visas étudiants, invoquant une préoccupation majeure : la fraude. Selon Muriel Piquet-Viaux, conseillère de coopération et d’action culturelle auprès de l’ambassade, les dossiers présentés par les étudiants camerounais souhaitant intégrer des écoles privées en France sont souvent entachés d’irrégularités.
Elle a détaillé un éventail de stratagèmes frauduleux : « Cela peut aller de fausses attestations à des relevés falsifiés, en passant par des documents d’identité non conformes ou des preuves de fonds bloqués qui s’avèrent fallacieuses », a-t-elle énuméré.
Vigilance accrue des services consulaires
Face à cette persistance des fraudes, les services consulaires français ont significativement rehaussé leur niveau de vigilance. « La multiplicité des tentatives de fraude nous a conduits à mettre en place un service dédié, dont la mission est de vérifier minutieusement chaque pièce justificative », a précisé la conseillère.
Ces pratiques frauduleuses expliquent, d’après l’ambassade, les nouvelles exigences financières imposées pour l’obtention des visas étudiants. Désormais, les étudiants camerounais désireux d’intégrer une école privée en France doivent prouver qu’ils ont réglé l’intégralité de leurs frais de scolarité ou qu’ils disposent de la somme équivalente bloquée sur un compte, et ce, avant même la délivrance du visa.
Concernant les étudiants ayant déjà versé des acomptes, Muriel Piquet-Viaux a indiqué que la situation « dépendra de l’établissement où l’argent a été versé ». Elle a ajouté : « Il s’agit de bloquer une somme d’argent sur un compte. Une fois le visa accordé et l’admission de l’étudiant confirmée, ces fonds sont alors débloqués. »
Le Cameroun est, pour l’heure, le seul pays africain à se voir appliquer ces mesures renforcées par la France pour la mobilité de ses étudiants, une décision qui suscite l’indignation de nombreuses familles camerounaises.
