Gouvernement béninois : romuald wadagni mise sur la continuité avec 24 ministres

Romuald Wadagni officialise son premier gouvernement de 24 membres au Bénin

Le Bénin entre dans une nouvelle phase politique avec l’investiture de Romuald Wadagni, successeur de Patrice Talon. Dans la foulée de sa prestation de serment, le chef de l’État a dévoilé une équipe gouvernementale réduite à 24 membres, marquée par une continuité remarquable avec l’ère précédente. Cette stratégie reflète une volonté de préserver les équilibres macroéconomiques et les réformes engagées depuis 2016, tout en capitalisant sur l’expertise des cadres déjà en place.

Une composition gouvernementale ancrée dans la continuité

La liste des ministres publiée à Cotonou révèle une reconduction massive de figures issues des gouvernements Talon. Cette stabilité administrative s’inscrit dans un contexte économique où le Bénin affiche l’une des croissances les plus robustes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances, a construit une réputation internationale sur les marchés financiers, un atout que la nouvelle administration souhaite préserver.

Les ministères clés, notamment ceux de l’économie, des infrastructures et du numérique, sont confiés à des technocrates expérimentés, proches de l’ancien président. Cette continuité garantit la poursuite des grands chantiers lancés sous Talon, comme le développement du port de Cotonou ou la modernisation des services publics via le numérique.

Six femmes intégrées au gouvernement, mais aucun représentant de l’opposition

Sur les 24 postes attribués, six reviennent à des femmes, soit un quart de l’effectif gouvernemental. Bien que cette proportion soit conforme aux standards ouest-africains, elle ne reflète pas une avancée significative en matière de parité. Aucun des ministères régaliens n’est confié à une femme, ces postes stratégiques restant entre les mains de personnalités masculines issues de la majorité présidentielle.

Le choix de Romuald Wadagni de ne pas inclure des figures issues de l’opposition dans son gouvernement marque une rupture avec les promesses de dialogue politique faites durant la campagne. Plusieurs personnalités opposantes, ayant soutenu sa candidature, espéraient obtenir des postes en échange de leur ralliement. Leur exclusion interroge sur la volonté réelle de conciliation du nouveau président, d’autant que les tensions préélectorales avaient révélé des fractures persistantes autour des conditions de participation des partis d’opposition.

Une équipe opérationnelle face aux défis immédiats

La rapidité avec laquelle Romuald Wadagni a finalisé la composition de son gouvernement témoigne d’une organisation rigoureuse. Cette réactivité permet d’éviter les flottements institutionnels souvent observés lors des alternances en Afrique de l’Ouest. L’exécutif béninois dispose désormais d’un outil prêt à l’emploi pour aborder les enjeux urgents, qu’il s’agisse du suivi des accords avec le Fonds monétaire international ou de la sécurisation des frontières nord du pays, exposées aux menaces jihadistes en provenance du Sahel.

Cependant, la légitimité de cette équipe dépendra de sa capacité à répondre aux attentes sociales croissantes. Le coût de la vie, l’accès à l’emploi pour les jeunes diplômés et le dialogue avec la société civile restent des défis majeurs. L’absence de toute ouverture politique pourrait compliquer la gestion des prochaines échéances électorales, notamment les scrutins locaux et législatifs prévus en 2026. Le calendrier législatif de cette année constituera un premier indicateur de la capacité du gouvernement à s’adapter à une scène politique qu’il a choisi, pour l’instant, de ne pas élargir.