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Fin d’un modèle historique : la seeg gabonaise laisse place à deux nouvelles entités

Économie

fin d’un modèle historique : la seeg gabonaise laisse place à deux nouvelles entités

Un tournant majeur vient d’être franchi dans l’histoire des services publics gabonais. Après près de trente ans de gestion unifiée, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) a définitivement fermé ses portes. Cette décision historique, actée lors d’un Conseil des ministres, marque non seulement la fin d’un modèle, mais aussi le début d’une refonte en profondeur des infrastructures stratégiques du pays.

Le gouvernement gabonais a choisi de scinder la SEEG en deux entités distinctes : La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon. Cette réforme s’inscrit dans la droite ligne des orientations annoncées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema lors de son discours sur l’état de la Nation. L’objectif ? Répondre aux défis criants d’accès à l’eau potable et d’approvisionnement électrique, deux enjeux majeurs pour la population et l’économie nationale.

Un système à bout de souffle

Créée en 1997 sous la forme d’une concession accordée à un groupe international, la SEEG avait pour mission de gérer conjointement l’eau et l’électricité. Ce modèle, longtemps considéré comme innovant, a montré ses limites au fil des années. L’accumulation de problèmes structurels – infrastructures obsolètes, manque d’investissements, interruptions fréquentes de service, pressions financières et demande urbaine en forte croissance – a rendu ce système inadapté aux besoins actuels.

Le retour sous contrôle public en 2018 n’a pas suffi à résoudre ces difficultés. Face à l’urgence, les autorités ont opté pour une solution radicale : la séparation des deux secteurs. Désormais, La Gabonaise des Eaux se concentrera exclusivement sur la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’eau potable, tandis qu’Électricité du Gabon prendra en charge l’ensemble de la chaîne de valeur de l’énergie électrique.

Un partenariat public-privé pour une gestion optimisée

Le choix du statut de société d’économie mixte pour ces nouvelles entités reflète une volonté de concilier efficacité et contrôle public. L’État gabonais souhaite conserver une maîtrise stratégique sur ces ressources vitales tout en s’ouvrant à des partenaires capables d’apporter expertise technique et financements. Cette approche, déjà éprouvée dans plusieurs pays africains, vise à garantir une gestion plus transparente et performante.

Plusieurs paramètres seront déterminants pour le succès de cette réforme. La répartition des capitaux entre les actionnaires publics et privés, l’identité des futurs partenaires, la gouvernance mise en place, le traitement des dettes héritées de la SEEG et le transfert des actifs figurent parmi les défis à relever dans les mois à venir. Les observateurs internationaux, notamment les institutions financières comme la Banque africaine de développement et l’Agence française de développement, suivent de près cette transition, consciente qu’elle conditionnera une partie des futurs investissements dans le pays.

Pour les acteurs industriels, en particulier les secteurs minier, forestier et pétrolier, la fiabilité des approvisionnements en eau et en électricité représente un impératif de compétitivité. Une stabilité énergétique accrue pourrait ainsi stimuler l’attractivité économique du Gabon.

Un pari politique et social ambitieux

Au-delà de son aspect technique, cette réforme incarne une promesse politique forte : celle d’un accès universel et équitable à l’eau et à l’électricité. Les autorités misent sur cette restructuration pour améliorer significativement le quotidien des Gabonais, dans les zones urbaines comme dans les régions les plus reculées. Les objectifs affichés sont clairs : assurer une continuité de service, moderniser les réseaux, étendre la couverture et accélérer la transition énergétique.

Pourtant, comme le rappellent les expériences passées, une réforme structurelle ne suffit pas à elle seule à transformer la réalité. La véritable épreuve consistera à concrétiser ces ambitions. Les citoyens évalueront moins la pertinence des nouveaux textes que leur capacité à faire disparaître les délestages, à réduire les pénuries et à améliorer concrètement leur quotidien. La dissolution de la SEEG ouvre une fenêtre d’opportunité historique, mais c’est dans l’action que se mesurera son véritable impact.