Crise diplomatique Espagne-Maroc : le pp exige des comptes sur sebta et melilla

Crise diplomatique Espagne-Maroc : le PP exige des comptes sur Sebta et Melilla

L’Espagne fait face à une tension diplomatique sans précédent avec le Maroc depuis l’afflux migratoire massif vers Sebta fin juillet. Les propos tenus par le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ont relancé un débat brûlant à Madrid, où la droite exige une réponse ferme de l’exécutif.

Jaime de los Santos, député du PP

Jaime de los Santos, député du PP

Les déclarations du ministre marocain Abdellatif Ouahbi sur le statut de Sebta et Melilla ont provoqué une crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat. Dans un entretien récent, il a réaffirmé la volonté du Maroc de négocier avec l’Espagne sur ces deux enclaves, tout en critiquant la gestion migratoire espagnole et en mettant en garde contre une possible suspension de l’accord d’extradition.

Face à cette escalade, le Parti populaire (PP) a décidé de frapper fort. Le parti de droite a demandé, ce 13 août, la convocation immédiate de l’ambassadrice du Maroc à Madrid pour des consultations urgentes. Une exigence qui s’appuie sur deux arguments principaux : d’une part, les déclarations jugées provocatrices de Rabat sur la souveraineté espagnole, d’autre part, l’afflux migratoire sans précédent qui a touché Sebta fin juillet.

Jaime de los Santos, député du PP en déplacement à Barcelone, a vivement critiqué l’inaction du gouvernement de Pedro Sánchez. Il a rappelé que Madrid n’avait pas hésité, quelques semaines plus tôt, à convoquer l’ambassadeur d’Italie après la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Pour le PP, l’absence de réaction ferme envers le Maroc, alors que les déclarations d’Ouahbi et la crise migratoire auraient justifié une telle mesure, est incompréhensible.

Le PP ne compte pas en rester là. Le parti a déposé plusieurs questions écrites au Congrès des députés, exigeant des explications du ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños. Les conservateurs veulent des réponses sur les échanges récents entre Madrid et Rabat depuis la crise migratoire, ainsi que sur les mesures envisagées face aux propos d’Ouahbi concernant Sebta et Melilla.

Autre point de friction : la menace, selon le PP, d’une suspension de l’accord d’extradition entre l’Espagne et le Maroc. Ce texte est pourtant considéré comme essentiel pour organiser le retour des migrants ayant franchi la clôture frontalière.

Cette affaire révèle les tensions sous-jacentes entre les deux pays, où les questions migratoires et territoriales restent des sujets hautement sensibles. Alors que le gouvernement Sánchez évite pour l’instant une confrontation directe, l’opposition conservatrice compte bien en faire un argument électoral, transformant cette crise diplomatique en un bras de fer politique.