Can 2025 : le Sénégal conteste la perte de son titre face au Maroc devant le tas

Pourquoi la CAF a-t-elle retiré le titre au Sénégal au profit du Maroc ?

Lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 opposant le Sénégal au Maroc, une série d’incidents a marqué la rencontre. D’abord, un but sénégalais a été refusé à la 92ème minute pour une prétendue irrégularité. Ensuite, un pénalty controversé a été accordé au Maroc à la 98ème minute, déclenchant une réaction immédiate de l’équipe sénégalaise. En signe de protestation contre ces décisions arbitrales, les joueurs et le staff technique ont quitté le terrain, provoquant une suspension du match de près de 15 minutes.

Bien que le Sénégal ait finalement marqué en prolongations et remporté la finale, la Confédération africaine de football (CAF) a estimé que le comportement de l’équipe sénégalaise contrevenait aux Règlements de la CAN. Selon les articles 82 et 84, toute équipe quittant le terrain sans autorisation de l’arbitre est considérée comme perdante sur le score de 3-0. C’est sur cette base que le Jury disciplinaire de la CAF a statué en faveur du Maroc, une décision confirmée en appel le 17 mars 2026.

Face à cette décision, la Fédération sénégalaise de football a décidé de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester le retrait de son titre. Une procédure qui s’inscrit dans un contexte de tensions autour de l’équité des compétitions africaines.


Quels sont les arguments juridiques du Sénégal dans son recours ?

Le recours introduit par le Sénégal devant le TAS s’appuie sur plusieurs fondements juridiques. Le tribunal devra examiner si la décision de la CAF respecte les Statuts de la CAF et le Code de l’arbitrage sportif. En vertu de l’article 48.2 des Statuts de la CAF, le TAS applique en priorité les règles de la CAF et de la FIFA, subsidiairement le droit suisse.

Le Sénégal pourrait invoquer deux axes principaux :

  • L’interprétation des articles 82 et 84 des Règlements de la CAN : Le pays contestera la qualification de son retrait comme un abandon ou un refus de jouer, arguant que la décision du Jury d’Appel de la CAF repose sur une interprétation excessive de ces dispositions.
  • Le respect des principes FIFA : Le Sénégal pourrait souligner que la gestion de l’incident relevait de l’arbitre, seul habilité à décider de la continuité ou de l’arrêt du match. Une requalification a posteriori en forfait par la CAF pourrait être perçue comme une atteinte à la régulation immédiate du jeu.

Le TAS, qui s’est déclaré compétent pour trancher ce litige, devra analyser si la décision de la CAF est conforme aux textes et à l’esprit des règlements en vigueur.


Quelles sont les prochaines étapes pour le Sénégal et la CAF ?

Le recours du Sénégal, déposé le 25 mars 2026, s’inscrit dans une phase préliminaire. Plusieurs questions de procédure pourraient émerger, notamment sur la recevabilité de la requête. Le Sénégal a déjà demandé la suspension du délai pour déposer son mémoire d’appel en attendant la notification de la décision motivée de la CAF.

Sur le fond, le TAS pourrait soit annuler la décision de la CAF (comme dans l’affaire CAS 2019/A/6483), soit la confirmer (comme dans CAS 2020/A/6907). La décision finale, qui sera sans appel, est attendue dans les prochaines semaines. En attendant, la décision du Jury d’Appel de la CAF reste exécutoire, conformément à l’article 48.7 des Statuts de la CAF.

Cette affaire soulève des questions plus larges sur la gouvernance du football africain et la transparence des instances dirigeantes. Le Sénégal mise sur une révision juridique pour récupérer son titre, tandis que le Maroc conserve officiellement la victoire jusqu’à une éventuelle décision contraire du TAS.