Les Domol Leydi, littéralement « gardiens de la terre » en langue fulfuldé, désignent désormais une nouvelle structure officielle au Niger. Instaurées par une ordonnance validée lors du Conseil des ministres du 27 mars, ces brigades d’autodéfense civiles visent à renforcer la réponse sécuritaire face aux attaques djihadistes qui secouent le pays depuis 2017.
Selon les directives gouvernementales, ces volontaires seront recrutés localement parmi d’anciens militaires ou des habitants des zones concernées. Placés sous l’autorité de l’armée nigérienne, ils auront pour mission principale de collecter des renseignements, sensibiliser les populations et assurer la protection des communautés. Cette initiative, saluée par certains médias locaux comme un tournant dans la stratégie de lutte asymétrique, suscite également des interrogations sur les risques encourus et les limites de cette approche.
Le quotidien L’Enquêteur, en première page de son édition du 30 mars, résumait l’enjeu avec un titre percutant : « armer le peuple pour sauver la patrie : le défi des Domol Leydi ». Une formule qui reflète à la fois l’urgence de la situation et les défis logistiques et éthiques d’une telle mobilisation.
Une délégation partielle de la violence légitime
Face aux critiques, les partisans de cette mesure rappellent un argument de poids : qui mieux qu’un habitant du terroir peut repérer les mouvements suspects ou les caches djihadistes dans un environnement qu’il connaît parfaitement ? Le gouvernement mise ainsi sur l’expertise locale pour combler les lacunes des forces armées régulières, tout en assumant les risques d’une militarisation accrue des civils.
Cette stratégie, bien que présentée comme temporaire et encadrée, interroge sur ses conséquences à moyen terme. Entre renforcement de la résilience communautaire et potentiels débordements, le débat reste ouvert dans un contexte où la sécurité nationale prime sur les considérations politiques.
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