Transparence au Sénégal : Ousmane Sonko recadre le débat sur les fonds politiques

Le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à mettre les points sur les i concernant la gestion des fonds politiques au Sénégal. Lors d’une intervention remarquée, le chef du gouvernement a exprimé une divergence d’opinion inhabituelle avec le président Bassirou Diomaye Faye sur ce dossier sensible.

"Caisse noire" et "fonds politiques" au Sénégal: quand Sonko recadre publiquement le Président Diomaye

Une vision différente au sommet de l’État

« Je ne suis pas d’accord avec le Président sur ce point », a déclaré Ousmane Sonko, estimant que Bassirou Diomaye Faye a fait une erreur d’appréciation qu’il finira par corriger. Pour le Premier ministre, l’objectif de la coalition au pouvoir n’a jamais été la suppression pure et simple de ces enveloppes budgétaires, mais plutôt l’éradication des pratiques opaques. Il refuse désormais l’existence de « caisses fictives » où l’argent public est utilisé sans aucune forme de supervision.

La fin de l’opacité financière

Le chef du gouvernement a révélé que les fonds politiques alloués à la Primature s’élèvent à 1 milliard 770 millions FCFA. Il a martelé que ces sommes ne doivent plus servir de levier électoral pour s’attirer les faveurs de militants ou pour favoriser l’enrichissement personnel des dirigeants.

Pour transformer ce système, Ousmane Sonko propose une restructuration profonde inspirée du modèle en vigueur en France. Cette réforme passerait par un renforcement du contrôle parlementaire. Si certains budgets liés à la défense nationale doivent rester confidentiels, il suggère la mise en place d’une commission de députés restreinte. Cette instance serait chargée de vérifier que chaque franc voté est effectivement utilisé pour sa destination initiale.

Prêcher par l’exemple

Afin d’illustrer sa volonté de rupture, le Premier ministre a indiqué qu’il privilégie désormais les transactions traçables, telles que les chèques et les virements bancaires, au détriment de l’argent liquide pour la gestion de ses propres fonds. « C’est une question de principes », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’est pas opposé à une augmentation de ces budgets, à condition qu’ils soient soumis à un audit rigoureux.