Tentative de putsch au Bénin : patrice talon maintient son pouvoir malgré une mutinerie armée

Une mutinerie éclair contre le pouvoir béninois

Une tentative de renversement du régime a été déjouée au Bénin ce dimanche 7 décembre 2025. Des militaires mutinés ont brièvement pris le contrôle de la télévision publique SRTB à Cotonou, proclamant avoir destitué le président Patrice Talon, en place depuis 2016. Les forces loyalistes ont rapidement réagi, reprenant le contrôle des sites stratégiques et sécurisant la résidence présidentielle dans le quartier Guézo. Cette action audacieuse marque la première tentative de coup d’État dans le pays depuis 1972.

Des déclarations fermes du président et des victimes collatérales

Dans une allocution télévisée diffusée en soirée, Patrice Talon a dénoncé une « trahison d’une gravité extrême » et promis que ses auteurs seraient jugés. Il a également évoqué des citoyens encore retenus par les mutins, soulignant l’urgence de rétablir la sécurité. Tragiquement, l’épouse du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire du président, a été tuée lors de l’assaut contre son domicile à Abomey-Calavi. Sa fille a également été blessée par les tirs des assaillants.

Les mutins justifient leur action par des griefs politiques

Selon les déclarations des insurgés, menés par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, leur objectif était de mettre fin à la gouvernance de Patrice Talon et de rétablir les droits politiques de certains citoyens. Ils ont suspendu la Constitution et annoncé la création d’un « Comité militaire pour la refondation ». Leurs revendications incluaient la fin de lois jugées oppressives et le retour des exilés politiques. Les ambassades des États-Unis et de la France ont rapidement réagi, alertant leurs ressortissants sur les échanges de tirs dans la capitale économique.

Réaction des forces armées et soutien régional

Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a salué la réaction républicaine des Forces armées béninoises, qui ont permis de reprendre le contrôle de la situation. Le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a précisé que seuls un petit groupe de soldats avait participé à la mutinerie. Plusieurs militaires ont été arrêtés, dont des figures présumées de cette tentative de putsch. Le gouvernement a sollicité l’aide de l’armée nigériane, qui a déployé des troupes et des avions de chasse pour sécuriser les zones stratégiques.

Un climat de confusion et d’inquiétude à Cotonou

Pendant plusieurs heures, la capitale économique du Bénin a été plongée dans le flou. Les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, ont relayé des rumeurs avant que les autorités ne communiquent officiellement. Les habitants ont exprimé leur inquiétude face à l’incertitude et aux risques de réplique. Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte régional marqué par des instabilités militaires au Niger, au Burkina Faso, au Mali et en Guinée-Bissau.

Condamnations unanimes et soutien international

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine ont fermement condamné cette tentative de putsch. La CEDEAO a ordonné le déploiement immédiat de troupes venues du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour soutenir le gouvernement béninois et préserver l’ordre constitutionnel. L’Union africaine a appelé les militaires impliqués à regagner leurs casernes sans délai.

Présidentielle 2026 : un contexte politique tendu

À quelques mois de la fin de son mandat, Patrice Talon fait face à une situation sécuritaire et politique complexe. Le nord du pays reste menacé par des attaques djihadistes, tandis que des réformes constitutionnelles récentes, comme la création d’un Sénat et la prolongation des mandats, alimentent les tensions. Le Bloc républicain (BR) et l’UP-R, alliés au pouvoir, ont déjà désigné Romuald Wadagni, ministre des Finances, comme successeur potentiel. Ces réformes, perçues comme favorisant le camp sortant, cristallisent les critiques de l’opposition.

Les motivations des mutins pourraient révéler des fractures profondes au sein de l’armée et du paysage politique béninois, laissant planer des questions sur les éventuels commanditaires de cette tentative de déstabilisation.