Zémio sous pression : une nouvelle tactique des groupes armés menace la sécurité alimentaire
Dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la Centrafrique, les populations locales subissent une escalade de violences ciblant délibérément les moyens de subsistance. Après des mois de tensions, les mercenaires russes opérant dans la région adoptent une méthode de guerre inédite : la destruction systématique des greniers agricoles et des réserves de céréales.
Une stratégie de la famine pour asphyxier les villages
Les attaques ne se limitent plus aux postes militaires ou aux infrastructures civiles. Désormais, ce sont les greniers à grains, symboles de la résilience rurale, qui sont pris pour cible. À Zémio, épicentre de cette offensive, des centaines de familles voient leurs stocks de mil, de sorgho et de maïs réduits en cendres en l’espace de quelques heures. Les responsables locaux évoquent une campagne de terre brûlée visant à affamer les communautés et à pousser à l’exode.
Impact immédiat sur les communautés
Les conséquences sont dramatiques pour les habitants :
- Pertes économiques massives pour les paysans, dont les récoltes représentent souvent leur unique source de revenus.
- Crise alimentaire aiguë, aggravée par l’impossibilité de reconstituer des réserves pour la prochaine saison.
- Exode rural accru, avec des familles contraintes de quitter leurs terres pour chercher refuge en ville ou dans des camps de déplacés.
Les témoignages recueillis auprès des villageois décrivent une stratégie calculée : des groupes armés encerclent les zones agricoles à l’aube, incendient les greniers avant de se replier, laissant derrière eux des champs calcinés et des populations sans ressources.
Réactions des autorités et des organisations humanitaires
Face à cette dégradation de la situation, les autorités locales ont appelé à une intervention urgente pour protéger les civils et les infrastructures agricoles. Les organisations humanitaires sur place alertent sur le risque d’une catastrophe humanitaire à grande échelle, d’autant que la saison des pluies limite l’accès aux zones isolées.
Les experts en sécurité régionale soulignent que cette tactique s’inscrit dans une logique plus large de déstabilisation, visant à affaiblir la cohésion sociale et à alimenter les conflits intercommunautaires. Zémio, déjà fragilisée par des années d’instabilité, devient ainsi un terrain d’expérimentation pour des groupes armés déterminés à étendre leur emprise.
Perspectives : entre résilience et urgence
Alors que les attaques se multiplient, les populations de Zémio et du Haut-Mbomou tentent de s’organiser pour résister. Des initiatives locales émergent pour sécuriser les greniers ou les disperser, tandis que les appels à la communauté internationale se multiplient. Pourtant, sans une réponse rapide et coordonnée, le risque est grand de voir s’installer une famine organisée, instrument de guerre au cœur de l’une des régions les plus vulnérables d’Afrique centrale.
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