Shanda Tonme analyse la complexité de la mission de Paul Biya à la tête de l’état

Pour le Médiateur Universel et dirigeant de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), ainsi que du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), l’intérêt supérieur du Cameroun doit primer sur toute autre considération. Selon lui, « il n’y a ni village ni tribu ni clan ni ami dans cette logique. Il n’y a que le Cameroun et il n’y aura que le Cameroun pour l’éternité ».

UNE RÉFLEXION VITALE POUR L’AVENIR DE LA NATION ET DE LA RÉPUBLIQUE

Dans l’architecture de notre société, nul ne peut se prétendre au-dessus des lois. Avant d’envisager un remaniement ou l’arrivée de nouvelles figures au sommet de l’État, une purification de la sphère politique s’impose, tant les déviances sont ancrées et les attentes des citoyens pressantes.

La véritable interrogation qui se pose désormais est de savoir si nous nous contenterons d’un simple ravalement de façade, en conservant des pratiques obsolètes et des personnalités nuisibles issues de réseaux d’influence obscurs, ou si nous aspirons à doter le Cameroun d’institutions solides dirigées par des individus intègres, animés par un patriotisme sincère et une loyauté sans faille.

Rarement un dirigeant n’aura été confronté à une conjoncture aussi périlleuse et complexe que celle que traverse actuellement Paul Biya. Bien que son exceptionnel parcours au pouvoir suscite l’étonnement, il serait injuste de lui imputer l’entière responsabilité des maux qui accablent le pays. Au contraire, il a fait preuve d’une résilience et d’une tolérance remarquables face aux trahisons répétées de certains collaborateurs de premier plan durant ces quarante dernières années.

Prétendre que la résolution de ces problèmes est aisée ou qu’un simple changement d’acteurs suffirait témoigne d’une méconnaissance profonde des réalités camerounaises. L’observation attentive suggère que la patience stratégique, voire le sacrifice personnel, est devenue le pilier central de la méthode présidentielle. Le temps révélera les choix nécessaires pour répondre aux défis futurs.

La tâche est immense, comme en témoigne l’exemple frappant d’un président de conseil d’administration fraîchement désigné réclamant des sommes colossales pour la rénovation de sa résidence privée. Face à de tels abus, la réflexion s’impose. Comment agir sans déstabiliser les fondements mêmes de la République ? Les trahisons sont désormais exposées au grand jour. Il n’y aura plus de place pour les réseaux d’influence toxiques qui ont entravé le développement du pays.

Le chef de l’État doit pouvoir mûrir sa stratégie pour assurer l’avenir des générations futures. Dans cette quête, les attaches tribales ou amicales n’ont pas leur place ; seul le destin éternel du Cameroun compte. Dire que le temps presse est une vision réductrice. Le temps d’une nation s’inscrit dans la durée, exigeant des sacrifices souvent difficiles à concevoir, mais indispensables à sa pérennité.