Gabon : la dette doit enfin se traduire par des avancées concrètes

Économie

Gabon : la dette doit enfin se traduire par des avancées concrètes

Libreville, début juillet 2026 — Le Gabon change de cap. Face aux retards persistants dans l’exécution des projets financés par la Banque africaine de développement (BAD), les autorités gabonaises ont décidé d’adopter une posture plus ferme. L’objectif ? Garantir que chaque franc emprunté produise des résultats tangibles au bénéfice des citoyens.

La réunion du 29 juin à Libreville entre le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et une délégation de la BAD dirigée par l’administrateur-pays Mamour Ousmane Ba a révélé une volonté claire : passer des promesses aux actes. Parmi les dossiers sous le feu des projecteurs, deux projets symbolisent cette exigence : le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL), et la route Ndendé-Doussala.

Des infrastructures stratégiques, mais des retards à répétition

Le PIAEPAL, censé résoudre les problèmes d’accès à l’eau dans la capitale, et la route Ndendé-Doussala, vitale pour l’intégration économique régionale, accumulent les contretemps. Ces chantiers, pourtant prioritaires, illustrent les difficultés récurrentes du Gabon à transformer les financements internationaux en réalisations concrètes.

Une nouvelle exigence : des résultats mesurables

Jusqu’ici, le pays a emprunté massivement auprès d’institutions comme la BAD pour moderniser ses infrastructures. Pourtant, les retards dans l’exécution des projets alimentent un mécontentement croissant. Les Gabonais ne veulent plus entendre parler de budgets mobilisés, mais d’impacts visibles dans leur quotidien.

Cette réunion marque un tournant. Le gouvernement gabonais assume désormais une responsabilité partagée : identifier les blocages, qu’ils soient administratifs, techniques ou logistiques, et y remédier rapidement. Une approche qui tranche avec les pratiques passées, où les retards étaient souvent imputés aux seuls bailleurs ou entreprises.

Comme l’a souligné Hermann Immongault, la lourdeur des procédures, les lacunes en matière de coordination interinstitutionnelle et les lenteurs décisionnelles pèsent lourdement sur la concrétisation des projets. Une reconnaissance qui reflète la complexité des défis à relever.

La BAD en première ligne, mais la balle est dans le camp du Gabon

Du côté de la BAD, la position reste constructive. Mamour Ousmane Ba a réaffirmé la volonté de l’institution d’accompagner les priorités gabonaises, tout en insistant sur l’importance de renforcer les capacités nationales d’exécution. Car, au final, c’est bien l’efficacité des systèmes locaux qui détermine la réussite des financements.

Pour le Gabon, l’enjeu est de taille. Dans un contexte où la compétition pour l’accès aux fonds internationaux s’intensifie, les pays qui parviennent à convertir leurs emprunts en infrastructures utiles et durables gagnent en crédibilité. Les projets PIAEPAL et Ndendé-Doussala ne sont donc plus seulement des chantiers : ils deviennent des tests pour évaluer la crédibilité des réformes engagées.

Le message est sans ambiguïté : chaque euro emprunté doit se traduire par des services améliorés pour les populations. Libreville attend désormais des preuves tangibles d’avancées. Les Gabonais, eux, jugeront sur pièces.