Sénégal : début des consultations présidentielles et discours du Premier ministre aux députés

Sénégal : début des consultations présidentielles et discours du Premier ministre aux députés

RFI
Le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko lors de leurs premières initiatives politiques

Sur place, à Dakar, les démarches d’ouverture du nouveau pouvoir sénégalais s’accélèrent. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé une série de rencontres avec les acteurs clés du pays, marquant ainsi une volonté de rupture avec les pratiques antérieures.

Plutôt qu’une journée unique de dialogue comme celle instaurée par son prédécesseur, le chef de l’État a choisi de prolonger les échanges sur dix jours. L’objectif ? Échanger avec la société civile, les partis politiques, les chefs traditionnels et les autorités religieuses. Une initiative qui vise à renforcer la légitimité de son action et à répondre aux attentes d’une population en quête de transparence.

« Cette approche reflète une volonté d’incarner un leadership dialoguant », souligne Maurice Soundieck Dione, politologue à l’université Gaston Berger de Saint-Louis. Pour le président Faye, ces consultations ne sont pas de simples formalités : elles doivent servir de socle à sa gouvernance et désamorcer les critiques, notamment celles de l’opposition, qui remettent en cause la réforme électorale votée dans un climat tendu.

Sonko s’exprime devant les députés

Dans ce même élan, le Premier ministre Ousmane Sonko a prévu de s’adresser aux élus nationaux dès ce vendredi. Une intervention qui s’inscrit dans le cadre des questions d’actualité au Parlement, mais dont le calendrier soulève des questions. Certains observateurs, comme l’analyste Assane Samb, estiment qu’une meilleure coordination entre les deux têtes de l’exécutif aurait été judicieuse pour éviter toute confusion.

Pourtant, dans le contexte actuel du Sénégal, où les relations entre le président et son Premier ministre sont scrutées, cette simultanéité n’a rien d’un hasard. Selon Maurice Soundieck Dione, elle illustre plutôt une « compétition entre associés rivaux » au sommet de l’État, chacun cherchant à affirmer sa place et son influence.