Rupture politique entre Diomaye et Sonko : le choc des étudiants sénégalais

La composition du nouveau gouvernement sénégalais, dévoilée ce lundi, confirme une réalité brutale : la fin de l’alliance politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Quelques heures plus tôt, le leader du parti Pastef-Les Patriotes avait annoncé qu’aucun membre de sa formation ne figurerait dans l’équipe dirigeante. Une décision qui scelle définitivement le divorce entre les deux hommes, autrefois présentés comme un duo indissociable.

portrait officiel de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Le désenchantement des jeunes électeurs

Cette séparation politique laisse un goût amer chez les étudiants sénégalais, qui avaient placé leur foi dans le tandem Diomaye-Sonko. À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, les réactions sont vives. Amath Segnane, en pleine révision sous les arbres de la Faculté des Lettres, avoue sa profonde déception. « Ils nous ont promis une alliance solide, une confiance mutuelle pour transformer le pays. Aujourd’hui, voir ce divorce, c’est comme un coup de massue. Comment croire encore en leurs promesses ? »

Une rupture prévisible pour certains

Mamadou Bah, étudiant en Sciences économiques et de Gestion, partage cette analyse. Pour lui, les tensions étaient visibles depuis des mois. « L’ex-Premier ministre a fini par outrepasser son rôle. Il s’est comporté comme un rival plutôt que comme un collaborateur. Son limogeage et cette rupture n’ont rien de surprenant. Le président Diomaye Faye était en droit de reprendre les rênes », explique-t-il.

L’espoir persistant d’un retour en grâce

Pourtant, tous ne partagent pas ce pessimisme. Omar Sarr, étudiant en arabe, refuse d’admettre l’irréversibilité de la situation. « Sans Sonko, Diomaye n’aurait jamais été élu. Leur histoire commune est trop forte pour s’achever ainsi. Certains soutiennent Diomaye, d’autres Sonko… mais une séparation définitive ? Non, je n’y crois pas », confie-t-il.

La réalité politique est désormais claire : Bassirou Diomaye Faye gouverne sans le soutien du Pastef-Les Patriotes, tandis qu’Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, incarne l’opposition. Une nouvelle donne qui alimente les débats au sein de la société sénégalaise et interroge sur l’avenir du pays.