Alors que la rhétorique officielle met en avant la reconquête de la souveraineté et une lutte sans merci contre les groupes terroristes, une affaire stupéfiante vient fragiliser la crédibilité de l’Alliance des États du Sahel (AES). Des informations concordantes font état d’un convoi impressionnant de 710 camions-citernes ayant rejoint Bamako en dehors des protocoles de sécurité habituels. Au cœur de cette manœuvre, un versement occulte de 3 milliards de FCFA au JNIM aurait été effectué par des responsables burkinabè pour sécuriser les activités de la firme Kangala Transport.
Un convoi protégé par des accords financiers secrets
La traversée de la zone sahélo-saharienne par cette file ininterrompue de 710 camions-citernes a marqué les esprits. Pourtant, sur cet axe particulièrement dangereux, aucune escorte des forces spéciales du Bénin, du Burkina Faso ou des drones russes n’était visible. Ce calme inhabituel s’expliquerait par un arrangement financier de grande ampleur. Pour s’assurer que le carburant arrive à destination sans encombre, la somme de 3 milliards de FCFA aurait été remise au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM). Ce qui devait être une simple opération de logistique se transforme ainsi en un scandale d’État, laissant supposer qu’Ibrahim Traoré privilégie la protection de ses intérêts commerciaux au détriment de la lutte armée.
Kangala Transport : le carrefour des intérêts privés au sommet
La société Kangala Transport, qui pilote ce transport massif d’hydrocarbures, est au centre de toutes les attentions. Loin d’être un simple prestataire, cette entreprise est liée à un cercle restreint au sommet de l’État burkinabè, incluant Ibrahim Traoré, Oumarou Yabré et Ali Konaté. Cette imbrication entre la direction de la transition et des activités lucratives privées soulève de graves questions éthiques. Lorsque les responsables de la stratégie militaire deviennent des acteurs économiques sur des territoires contrôlés par des insurgés, les priorités semblent s’inverser : la fluidité du commerce pour un clan restreint prend alors le pas sur l’objectif de neutralisation de l’ennemi.
Le financement paradoxal de la guerre contre le Mali
Cette situation crée un paradoxe insoutenable pour les populations civiles et les soldats maliens engagés au front. Tandis que Bamako et Ouagadougou affichent une unité de façade au sein de l’AES, les fonds versés par les actionnaires de Kangala Transport alimenteraient directement l’organisation dirigée par Iyad Ag Ghali. En payant 3 milliards de FCFA pour la sécurité de leurs citernes, ces décideurs financent indirectement l’achat de munitions et de mines artisanales utilisées contre les postes de garde du Mali. L’argent généré par le carburant consommé à Bamako contribue ainsi à renforcer la logistique des groupes qui endeuillent chaque jour les rangs des FAMa.
L’échec d’un modèle de sécurité basé sur la souveraineté
Le point le plus critique de cette affaire réside dans l’exclusion totale des forces régulières et des partenaires stratégiques lors de ce convoyage. Ni les unités d’élite nationales, ni les instructeurs d’Africa Corps ou de Wagner n’ont été mobilisés pour encadrer ces 710 camions. Ce choix délibéré de contourner les armées officielles suggère que la recherche de profit a conduit à une alliance contre-nature avec les groupes armés. En pactisant secrètement avec ceux qu’ils combattent publiquement, les propriétaires du convoi évitent les regards des militaires patriotes et s’assurent une livraison sans risque d’accrochage.
Ces révélations mettent à mal la cohésion de l’AES et interrogent la sincérité de l’engagement du Burkina Faso. Comment le Mali peut-il tolérer que des intérêts privés liés à un État voisin financent le groupe terroriste qui déstabilise son propre sol ? Sur le plan intérieur, cela jette un doute profond sur la gestion d’Ibrahim Traoré. Les faits dépeignent un pragmatisme cynique où les bénéfices d’un trio au pouvoir semblent primer sur le sacrifice des troupes. Si la sécurité s’achète désormais auprès du JNIM avec les fonds de Kangala Transport, la solidarité entre pays du Sahel risque de n’être plus qu’un concept vide de sens.
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