Réforme de la Constitution au Sénégal : le mouvement Y’en a marre exige un référendum transparent

Au Sénégal, l’heure est à la clarification pour les acteurs de la société civile. Suite à l’adoption par l’Assemblée nationale, le lundi 29 juin, du projet de réforme constitutionnelle porté par les parlementaires du Pastef, le collectif Y’en a marre est sorti du silence. Ce mouvement citoyen, pilier de la contestation depuis quinze ans, insiste sur la nécessité de soumettre ce texte au suffrage universel via un référendum, conformément à la volonté exprimée par le Président Bassirou Diomaye Faye.

Le mouvement dénonce fermement l’instauration d’un climat politique tendu, marqué par ce qu’il qualifie de « calculs politiques » et de manœuvres rappelant les pratiques des régimes précédents. Selon l’organisation, les enjeux actuels semblent masquer une lutte d’influence persistante entre le chef de l’État et Ousmane Sonko.

Une exigence de sincérité démocratique

Aliou Sané, figure de proue et fondateur de Y’en a marre, soutient l’idée d’une consultation populaire mais réclame des garanties de transparence. Pour lui, le recours au référendum ne doit en aucun cas servir de stratégie de diversion politique pour freiner les ambitions du Pastef. L’objectif doit rester la compréhension claire des enjeux par les citoyens sénégalais afin qu’ils puissent trancher en toute connaissance de cause.

Dénonciation des méthodes de décrédibilisation

Le collectif exprime également son regret face à la résurgence de méthodes visant à discréditer les voix dissidentes. Depuis qu’il a manifesté ses réserves sur la démarche du parti au pouvoir, Y’en a marre fait l’objet d’attaques de la part de certains militants du Pastef, qui tentent de l’assimiler à un « lobby LGBT ». Une étiquette particulièrement lourde au Sénégal, où la législation contre l’homosexualité a été durcie en mars dernier.

« Ce sont des procédés que nous avons déjà subis sous Abdoulaye Wade et Macky Sall », rappelle le mouvement. Il souligne l’ironie de la situation : ceux qui occupent aujourd’hui les sphères du pouvoir s’indignaient de ces mêmes accusations lorsqu’ils luttaient aux côtés du collectif par le passé.

Enfin, le climat de tension s’est traduit par l’interpellation de douze individus aux abords de l’hémicycle le jour du vote. Parmi les personnes arrêtées pour « troubles à l’ordre public », on comptait neuf militants de l’Alternative pour la relève citoyenne (ARC). Bien qu’ils aient été remis en liberté quelques heures plus tard, ces incidents illustrent la fébrilité entourant cette étape législative majeure.