RDC : l’épidémie d’Ebola gagne une nouvelle province et menace le Soudan du Sud

RDC : l’épidémie d’Ebola gagne une nouvelle province et menace le Soudan du Sud

Un agent de santé en combinaison de protection contre Ebola en RDC

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) s’étend désormais à une sixième province, selon les dernières informations relayées par les autorités sanitaires. Le virus, déjà responsable de plus de 2 100 décès depuis son apparition il y a trois mois, progresse à un rythme alarmant et menace de franchir les frontières, notamment vers le Soudan du Sud voisin.

La situation sanitaire en RDC devient de plus en plus préoccupante. Les autorités congolaises ont confirmé, avec plusieurs semaines de retard, l’émergence de la 17e flambée épidémique d’Ebola dans le pays. Ce nouveau foyer rappelle l’ampleur de la crise sanitaire, alors que la précédente épidémie, entre 2018 et 2020, avait déjà causé près de 2 300 morts pour plus de 3 500 cas recensés.

Une propagation fulgurante du virus

Trois mois seulement après son déclenchement, l’épidémie actuelle a déjà dépassé en intensité les premières phases de la pire épidémie d’Ebola jamais enregistrée sur le continent africain, celle d’Afrique de l’Ouest en 2014. Sept fois plus de cas et cinq fois plus de décès ont été dénombrés en RDC comparé à la même période en 2014, selon les données de l’Africa CDC.

Le virus a désormais touché cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Mais une nouvelle alerte est venue confirmer l’extension de la maladie : une personne est décédée du virus dans la province du Bas-Uélé, située au nord du pays et frontalière avec la République centrafricaine. Selon Jean Kaseya, directeur de l’Africa CDC, cette victime aurait contracté la maladie dans la province voisine du Haut-Uélé avant de se déplacer vers le Bas-Uélé.

Un risque imminent de contamination au Soudan du Sud

L’ONG Mercy Corps a tiré la sonnette d’alarme quant au risque de propagation d’Ebola au Soudan du Sud. Les cas confirmés se situent désormais à seulement 35 kilomètres de la frontière sud-soudanaise, le long de corridors de déplacement considérés comme à haut risque. L’organisation souligne que la situation est aggravée par des facteurs structurels et sécuritaires critiques.

Les obstacles à la lutte contre l’épidémie sont multiples : services de santé débordés, accès limité à l’eau potable et aux infrastructures sanitaires, méfiance des populations et surtout, une insécurité persistante dans certaines régions. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où des combats font rage entre l’armée congolaise et le groupe armé M23, sont particulièrement vulnérables. Le M23, soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes territoires, compliquant l’accès des équipes médicales aux communautés affectées.

Un espoir malgré tout ?

Face à cette crise, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé un espoir mesuré : elle estime qu’il est possible d’inverser la tendance de l’épidémie en RDC d’ici trois mois. Une annonce qui intervient alors que les autorités sanitaires congolaises viennent d’annoncer la fin de l’épidémie dans le Sud-Kivu, où aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis plus de 42 jours.

Par ailleurs, un cas suspect avait été signalé début août sur un bateau descendant le fleuve Congo en direction de Kinshasa. Après examen, aucun autre cas n’a été détecté parmi les passagers, qui ont pu débarquer sans contamination.

Avec plus de 15 000 morts recensés en Afrique depuis 50 ans, Ebola reste l’une des maladies les plus redoutées. Sa transmission par contact avec les fluides corporels et ses symptômes hémorragiques en font un virus particulièrement dangereux, nécessitant une riposte sanitaire immédiate et coordonnée.