Permis Thali au Cameroun : les dessous du coup de pouce de prime global energies qui pourrait sauver un projet à l’agonie

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Les coulisses du dossier pétrolier Thali révèlent une décision présidentielle qui change la donne. Au Cameroun, l’autorisation accordée par Yaoundé à Prime Global Energies pour intégrer le permis offshore à hauteur de 42,5 % pourrait bien redonner un souffle à un projet en pleine asphyxie financière. Tower Resources, opérateur historique du bloc, a obtenu le feu vert du palais d’Etoudi pour céder une partie de ses intérêts à ce partenaire stratégique. L’opération, qui nécessite encore une finalisation administrative, s’accompagne d’un engagement ferme : 15 millions de dollars (soit environ 8,65 milliards de FCFA) injectés dans le programme de travaux, avec pour objectif immédiat le forage du puits NJOM-3.

Contrairement à une transaction classique, cette cession ne se traduit pas par un versement direct à Tower. Il s’agit d’un farm-out, mécanisme éprouvé dans l’industrie, par lequel Prime Global Energies finance une partie des opérations en échange de sa participation. Le géant britannique conservera, quant à lui, le rôle d’opérateur, tandis que Tower Resources Cameroon, sa filiale locale, pilotera les travaux sur le terrain.

Un parcours administratif semé d’embûches à Yaoundé

Malgré l’aval présidentiel, la procédure n’est pas encore aboutie. Dans ses comptes semestriels publiés fin septembre 2026, Tower Resources a confirmé avoir eu connaissance d’une copie de la lettre envoyée par la présidence aux autorités compétentes : le Premier ministre, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), ainsi que la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Reste à finaliser l’arrêté prolongeant la période d’exploration et à officialiser la cession via un document signé.

Tant que ces étapes ne sont pas franchies, l’accord reste en suspens. La prudence affichée par la compagnie n’est pas anodine : le projet Thali accumule des années de retard, principalement en raison d’un manque criant de financements pour concrétiser les forages prévus.

Prime Global Energies, bien que récente en Afrique, n’est pas un novice. Enregistrée au Royaume-Uni mais héritière d’Eni Pakistan Limited (ex-Prime Pakistan Limited), cette société dispose d’une expertise solide dans l’amont pétrolier et gazier. Une crédibilité technique qui pourrait apaiser les craintes des autorités camerounaises quant à la viabilité du partenariat.

NJOM-3 : un retard de forage qui pourrait enfin être comblé

L’objectif central de cette alliance ? Financer le forage du puits NJOM-3, étape cruciale pour évaluer le potentiel du bloc Thali. Tower Resources a d’ailleurs revu son calendrier : le début des opérations est désormais prévu au deuxième trimestre 2027, soit à partir d’avril, contre une estimation initiale au premier trimestre. Une marge de manœuvre supplémentaire pourrait être envisagée, mais la direction préfère s’en tenir à une planification prudente.

« Notre objectif est de commencer le forage au début du deuxième trimestre 2027 », précise Jeremy Asher, PDG de Tower Resources. Le choix de la plateforme reste en suspens : la compagnie évalue actuellement les options disponibles, sans communiquer avant la signature d’un contrat définitif. En revanche, les accords logistiques et techniques avec les prestataires sont déjà finalisés. Certains équipements, comme un système de suspension de puits permettant une réutilisation future en cas de succès, sont d’ailleurs déjà stockés à Douala.

Une trésorerie exsangue : l’urgence d’un partenaire solvable

Pour Tower Resources, l’apport de Prime Global Energies est une question de survie. Dans ses rapports financiers, le groupe admet que sans ce farm-out, sans une autre transaction sur ses actifs ou sans levée de fonds supplémentaire, il ne pourra honorer ses engagements. Au 30 juin 2026, sa trésorerie s’élevait à seulement 66 583 dollars, face à des passifs courants de 2,91 millions de dollars. Pire : l’entreprise n’a jamais produit un seul baril et ne génère aucun revenu.

Les dépenses capitalisées au Cameroun sur le premier semestre 2026 s’élèvent à 453 000 dollars, contre 982 000 dollars un an plus tôt. Ces fonds couvrent la préparation de NJOM-3, les études techniques, la planification du forage et la gestion du bureau local. Les 15 millions promis par Prime devraient couvrir l’intégralité des coûts du forage d’appréciation. En revanche, les phases ultérieures, comme les tests ou un éventuel développement commercial, nécessiteront de nouveaux investissements.

Les enjeux cachés derrière la cession Thali

Au-delà des chiffres, la cession du permis Thali interroge sur les stratégies énergétiques du Cameroun. Ce projet, emblématique des difficultés rencontrées par l’industrie pétrolière locale, illustre à quel point les retards et les manque de financements peuvent mettre en péril des années de planification. L’entrée de Prime Global Energies, avec ses 15 millions de dollars, pourrait-elle suffire à relancer une dynamique stalled depuis des années ?

Une chose est sûre : sans cette injection de capitaux, le forage NJOM-3 — et peut-être l’avenir économique lié à cette exploitation — aurait pu rester dans les limbes. L’autorisation présidentielle, bien que symbolique, ouvre la voie à une concrétisation qui tarde depuis trop longtemps.

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