Ousmane Sonko devient président de l’Assemblée nationale au Sénégal

Ousmane Sonko, figure majeure de la scène politique sénégalaise, a été élu à la présidence de l’Assemblée nationale, marquant un tournant dans l’équilibre des forces au sein du parlement. Son élection intervient malgré les tensions persistantes au sein du parti au pouvoir, le Pastef.
Le député de la majorité présidentielle a obtenu le soutien écrasant de ses collègues, son parti détenant 130 des 165 sièges disponibles. Il succède à El Malick Ndiaye, qui a démissionné dimanche dernier. Cette transition s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu.
Devant la résidence d’Ousmane Sonko, à la Cité Keur Gorgui, des militants du Pastef-Les Patriotes ont scandé son nom pour célébrer cette victoire. Un soutien populaire qui reflète l’influence grandissante de ce leader charismatique.
Les réactions des partisans
Nourdine Diallo, un militant engagé, exprime sa déception face à la rupture entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, tous deux issus du même parti. « Le limogeage du Premier ministre Sonko nous a profondément affectés. Lors de la campagne, nous avions martelé que Diomaye et Sonko ne faisaient qu’un. Ce slogan n’était pas qu’un slogan, c’était une réalité que nous avons vécue », déclare-t-il.
Sonko avait récemment critiqué certaines décisions du président Diomaye Faye lors d’une séance parlementaire, ce qui avait précipité son renvoi de la primature.
Un bras de fer institutionnel imminent
L’Assemblée nationale se réunira aujourd’hui pour examiner deux points majeurs : la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député et l’élection d’un nouveau président pour remplacer El Hadj Malick Ndiaye. Ce dernier, proche allié de Sonko, a démissionné dimanche en signe de protestation. Sonko, dont la réintégration est quasi certaine, pourrait ainsi occuper la deuxième place dans la hiérarchie de l’État.
Cette situation risque d’aggraver les tensions entre les deux anciens alliés. Selon Malao Kanté, politologue sénégalais, « Sonko incarne désormais l’opposition, mais une opposition majoritaire au parlement. Une configuration qui pourrait mener à une motion de censure contre le futur Premier ministre ».
L’opposition dénonce une manœuvre antidémocratique
Adama Fall, responsable au sein du Pastef-Les Patriotes, appelle à la priorité nationale. « L’histoire se répète, mais nous sommes une génération consciente. Les erreurs du passé ne doivent pas se reproduire », explique-t-il.
L’opposition, menée par Aïssata Tall Sall, dénonce une procédure anticonstitutionnelle. Elle exige que Bassirou Diomaye Faye saisisse le Conseil constitutionnel concernant la réintégration de Sonko. « Si rien n’est fait, Sonko s’attaquera directement au fauteuil présidentiel », met-elle en garde.
En réaction, Bassirou Diomaye Faye a nommé, dans la nuit, un nouveau Premier ministre : Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, ancien banquier de la BCEAO et ministre d’État. Ce dernier a appelé la nation à se mobiliser face aux défis actuels.

Cette crise a provoqué des démissions en série au sein du parti. Plusieurs cadres et responsables proches de Sonko ont quitté leurs postes en signe de solidarité, aggravant les divisions internes.
Le groupe parlementaire de l’opposition Takuu Walu a organisé une conférence de presse hier pour contester la démission d’El Hadji Malick Ndiaye, qu’il juge invalide au regard du règlement intérieur de l’Assemblée.
Vous pourrez aussi être intéressé par
-
Rdc : la cour des comptes relance ses critiques sur la gouvernance tshisekedi
-
Cameroun : l’urgence de réunir le Conseil supérieur de la magistrature
-
L’évêque de butembo-beni alerte sur la crise politique en rdc
-
Guerre de succession au Cameroun : Franck Biya contre Chantal Biya
-
Dialogue Gabon-union européenne : les quatre grands enjeux de la rencontre du 8 juin
