
Face à des milliers de militants rassemblés à Dahra Djoloff, Ousmane Sonko a dressé un constat accablant sur la dérive du pouvoir en place.
Lors d’un rassemblement politique à Dahra Djoloff, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise a dénoncé avec virulence la reconduction des pratiques qu’il avait promises d’éradiquer. Selon lui, le projet initial de rupture avec l’ancien système, porté par Pastef, se heurte aujourd’hui à une réalité bien différente. « Aucun cadre de notre mouvement n’aurait imaginé que d’anciens alliés puissent trahir aussi rapidement les engagements pris envers le peuple », a-t-il lancé sous les vivats de la foule.
Sonko a insisté sur le caractère systémique de cette dérive : « Ce n’est pas une question de personnes, mais de respect des promesses faites. Transparence, bonne gouvernance, responsabilité des dirigeants, justice indépendante et renégociation des contrats stratégiques : voilà les piliers de notre programme. Pourtant, force est de constater que ces principes sont aujourd’hui bafoués ». Il a détaillé les valeurs fondatrices du projet politique qu’il défend depuis des années, avant d’ajouter : « Nous voulions tourner la page des abus passés. Mais aujourd’hui, c’est le même système qui se réactive au Palais, sous des apparences renouvelées ».
Le peuple, seul souverain légitime, selon Sonko
L’élément le plus frappant de son intervention a porté sur la légitimité du pouvoir. « Bassirou Diomaye Faye dispose des institutions, mais pas de l’adhésion populaire. En démocratie, le vrai souverain reste le peuple, pas les structures administratives », a-t-il martelé. Pour lui, cette absence de base électorale pousse l’exécutif à s’appuyer davantage sur l’appareil d’État pour maintenir son influence.
Il a également pointé du doigt une manœuvre qu’il juge particulièrement préoccupante : « Des tentatives sont en cours pour instrumentaliser les plus hautes juridictions. La Cour suprême et le Conseil constitutionnel seraient ainsi mis au service d’intérêts particuliers ». Selon ses termes, cette dynamique illustre concrètement la réorganisation du système au sommet de l’État, six ans après l’alternance tant annoncée.
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