Adama Konaté, installé au nouveau marché de Médine à Bamako, incarne parfaitement l’esprit d’adaptation et de polyvalence qui anime ce lieu. Depuis 27 ans, ce commerçant ne se contente pas de vendre des bicyclettes importées de France, des États-Unis, d’Angleterre, du Canada ou de Chine : il les répare, les assemble et propose même des modèles sur mesure à sa clientèle.
La zone « Diguèbakonona » du marché de Médine est un véritable carrefour économique. Les clients y trouvent bien plus que des vélos : accessoires automobiles, équipements agricoles introuvables ailleurs, et une variété de produits qui répondent aux besoins quotidiens des habitants de Bamako. C’est un endroit où l’offre s’adapte en permanence aux réalités du marché malien.
Des artisans innovants et une clientèle fidèle
À quelques pas d’Adama Konaté, Drissa Traoré, artisan spécialisé, façonne des objets du quotidien pour les familles maliennes. Ses créations ? Des fourneaux économes, des coffrets de mariage traditionnels, des fours artisanaux et des broyeurs d’arachide, tous fabriqués localement. « Depuis un an, mon activité prend de l’ampleur dans ce marché. Je gagne correctement ma vie et je remercie cette opportunité », confie-t-il avec satisfaction.
Drissa Traoré ne se contente pas de produire : il encourage aussi les jeunes à s’investir dans des métiers manuels. « La discipline et la persévérance sont les clés du succès », souligne-t-il, tout en rappelant que les prix varient selon les modèles et les finitions.
Les équipements agricoles, un enjeu crucial pour les producteurs
Fousseyni Sangaré, autre acteur incontournable du marché, se consacre à la vente d’équipements agricoles. À l’approche de la saison des pluies, les agriculteurs de Bamako et des régions voisines se pressent pour s’équiper : charrues, dabas, outils de labour et accessoires indispensables au travail du sol. « Malgré les défis logistiques liés à l’insécurité dans certaines zones, nous continuons à approvisionner nos clients », explique-t-il.
La majorité de ses produits proviennent de la région de Koutiala, un pôle agricole majeur du Mali. Fousseyni Sangaré reconnaît que le pouvoir d’achat des paysans a baissé, mais il souligne leur fidélité : « Ils savent que ces outils sont essentiels pour leurs récoltes ».
Adama Konaté, quant à lui, observe une hausse de la demande pour les bicyclettes. « Avec la crise des hydrocarbures, les deux-roues deviennent une alternative économique pour les déplacements quotidiens », analyse-t-il. Son activité, qui mêle réparation, assemblage et vente, bénéficie pleinement de cette tendance.
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