Malnutrition au Mali : causes, conséquences et solutions en 2024

Enfant malien touché par la malnutrition, illustrant la crise sanitaire

la malnutrition au Mali : un fléau sanitaire aux conséquences dramatiques

La malnutrition au Mali représente une crise sanitaire majeure dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, où près de 40 % de la population est touchée. Malgré les efforts de prévention déployés ces dernières années, des poches de malnutrition persistent, avec des répercussions alarmantes sur la santé infantile et maternelle.

Le Mali, situé dans la bande sahélienne, fait face à une situation critique : près d’un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans, un taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde. La malnutrition, souvent insidieuse, engendre des conséquences dévastatrices à court, moyen et long terme, tant pour les familles que pour l’économie nationale.

Parmi les causes identifiées, l’espacement insuffisant entre les naissances joue un rôle clé dans l’apparition de carences nutritionnelles chez les enfants et les mères. Par ailleurs, plus une famille compte de membres, plus le risque de malnutrition augmente, aggravant ainsi la précarité des ménages.

Des chiffres qui dépassent les seuils d’alerte

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) touche 15 % de la population malienne, un chiffre bien supérieur au seuil d’alerte international fixé à 10 %. Quant à la malnutrition chronique, elle frappe 38 % des enfants de moins de 5 ans, alors que le seuil d’alerte est fixé à 20 %. Le Mali se trouve donc dans une situation bien plus préoccupante que les normes internationales.

Plus de 80 % des enfants de moins de 5 ans et 65 % des femmes souffrent d’une carence en fer, l’un des taux les plus élevés au monde. Cette carence a des conséquences graves : elle compromet le développement intellectuel et les capacités d’apprentissage des enfants, tandis que chez les mères, elle peut entraîner des complications dès la grossesse, augmentant les risques de malnutrition pour le nourrisson.

Avec 40 % de sa population concernée par la malnutrition, ce problème constitue un enjeu majeur de santé publique pour le pays.

Les mesures mises en place pour endiguer la crise

Face à l’ampleur du phénomène, les autorités maliennes ont élaboré une politique nationale de nutrition ambitieuse, visant à renforcer la prévention et la prise en charge des cas. Ce plan s’accompagne d’un plan d’action sectoriel destiné à mobiliser des financements dédiés à ce secteur crucial.

« Cette politique est accompagnée d’un plan d’action, dans le but de mobiliser des financements pour ce secteur »
Spécialiste en nutrition à l’Unicef Mali

Parmi les initiatives récentes, le Mali a adopté l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés à la carence en iode. Bien que 79 % des ménages maliens disposent désormais de sel iodé, l’objectif fixé à 90 % reste encore à atteindre.

Depuis 2005, les semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) sont organisées deux fois par an et couvrent 95 % du territoire. Destinées aux enfants âgés de 6 à 59 mois, ces campagnes ont été intégrées dans les habitudes communautaires, renforçant ainsi la sensibilisation et la prévention. Pendant les SIAN, l’État et les organisations humanitaires, dont l’Unicef, promeuvent notamment la supplémentation en vitamine A et le déparasitage, deux mesures essentielles pour réduire la mortalité infantile.

Les SIAN s’inscrivent dans une approche communautaire globale, promue par l’Unicef pour éduquer les populations sur les signes de la malnutrition, détecter les cas précocement et intervenir rapidement. « Pour maximiser l’impact de ces actions, l’Unicef et ses partenaires intègrent le dépistage de la malnutrition dans les activités de santé communautaires », explique Médiatrice Kiburente Touré. Elle souligne l’importance de sensibiliser davantage les populations, en insistant sur les bienfaits de l’eau potable et en identifiant les causes profondes de la malnutrition.

En 2010, seulement 50 % des enfants maliens souffrant de malnutrition aiguë sévère bénéficiaient d’une prise en charge. Aujourd’hui, cette couverture s’améliore progressivement, mais des efforts supplémentaires restent nécessaires pour atteindre tous les enfants en danger.