Au Mali, les récents événements montrent une intensification de la pression exercée par les autorités sur les structures associatives. La dissolution de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) par le ministre de l’Administration territoriale en est l’exemple le plus récent. Selon les autorités, cette organisation aurait été impliquée dans des violences et affrontements au sein des écoles et universités. Par ailleurs, des membres de l’association auraient été arrêtés en 2017 et 2018 pour détention d’armes, de stupéfiants et de sommes d’argent non justifiées.
Une série de dissolutions ciblant la société civile malienne
L’AEEM n’est pas la seule association à avoir été dissoute au Mali ces derniers mois. Depuis décembre 2023, quatre organisations ont subi le même sort. Le 6 mars, la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko a été interdite. Les autorités l’accusent de déstabilisation et de représenter une menace pour la sécurité publique, notamment en raison de ses appels à un retour à un régime civil démocratique via des élections présidentielles.
Quelques semaines plus tôt, le 28 février, c’est l’organisation politique Kaoural Renouveau qui a été dissoute pour propos diffamatoires et subversifs envers la junte militaire. Enfin, le 20 décembre 2023, l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance a également été interdit. Ses dirigeants ont été accusés d’avoir tenu des déclarations troublant l’ordre public, alors que cette structure avait pour mission d’évaluer la transparence des processus électoraux.
Un durcissement des restrictions depuis le coup d’État de 2021
Depuis le coup d’État militaire de 2021, les autorités maliennes ont renforcé leur contrôle sur les libertés fondamentales. La répression touche désormais plusieurs secteurs : la dissidence pacifique, l’opposition politique ainsi que les médias. L’espace civique se réduit comme peau de chagrin. Récemment, le 4 mars, le colonel de gendarmerie Alpha Yaya Sangaré a été arrêté arbitrairement après la publication d’un livre dénonçant les exactions commises par les forces armées maliennes.
La Commission nationale des droits de l’homme du Mali a publié une déclaration officielle pour alerter sur les menaces sérieuses pesant sur les droits civiques et politiques, notamment la liberté d’association. Elle dénonce une tendance systémique à la dissolution ou à la suspension d’associations et de partis politiques. De son côté, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Seif Magango, a également exprimé des préoccupations similaires quant à la restriction de ces libertés.
Un appel à la restauration des libertés fondamentales
Près de trois ans après la prise de pouvoir par la junte militaire, le Mali traverse une période où la liberté d’expression et la capacité à manifester deviennent de plus en plus limitées. Les organisations de la société civile dissoutes doivent être réhabilitées sans délai, et les autorités sont appelées à garantir le respect des droits et libertés fondamentaux de tous les citoyens.
Vous pourrez aussi être intéressé par
-
Can 2025 : le Maroc sous pression avant la date butoir du tas
-
Maroc : soutien ferme au Mali face aux attaques et tensions régionales
-
Tribunal arbitral du sport : deadline pour le Maroc dans l’affaire can 2025
-
Tribunal arbitral du sport : nouvelle étape dans le conflit Maroc-Sénégal
-
Kalidou koulibaly : son absence inquiète le Sénégal avant la coupe du monde
