Mali : le calvaire des déplacés de Kouakourou après l’exode forcé
« Dès notre arrivée à Mopti, nous avons été logés dans une école. Les dons ont afflué : riz, thé, sucre, huile, lait en poudre… Une aide précieuse, offerte par une personne discrète, organisée par la mairie. »
« Vivre dans une école n’a rien d’une solution durable, confie-t-il avec amertume. Certains dorment à la belle étoile, d’autres s’entassent dans les salles de classe sous la pluie. Plus de 400 personnes partagent cet espace, sans intimité ni confort. La nourriture est présente, mais la dignité, elle, a disparu. »
Kouakourou n’est plus qu’un village fantôme. Après l’ultimatum imposé par les groupes armés du Jnim, les habitants n’avaient d’autre choix que de fuir. « Abandonner sa terre, ses biens, ses souvenirs… c’est une douleur insupportable, confie un déplacé. Nous ne rêvons que d’une chose : rentrer chez nous. Beaucoup sont partis avec pour tout bagage les vêtements qu’ils portaient. Les jihadistes ont même saisi nos téléphones. Pire encore, nous étions en pleine préparation des semailles quand tout a basculé. Cette saison agricole est perdue à jamais, et c’est un drame pour nos familles. »
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