Mali : des jihadistes chassent les habitants de Kouakourou après une attaque militaire

Mali : des jihadistes chassent les habitants de Kouakourou après une attaque militaire

David Baché
Mali : des jihadistes chassent les habitants de Kouakourou après une attaque militaire

Le camp militaire de Kouakourou, au Mali, a été la cible d’une attaque jihadiste samedi 18 juillet 2026. Les assaillants, affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), ont rapidement pris le contrôle de la base avant d’abattre un hélicoptère de l’armée malienne. Plusieurs soldats, tentant de se mêler à la population locale, ont été capturés. Les habitants, quant à eux, se sont vu imposer l’ordre de quitter immédiatement leur village.

Ces informations ont été confirmées par des notables et des témoins locaux de Kouakourou.

Un convoi militaire stoppé dans sa course

Dès le début de la semaine, l’armée malienne a lancé des frappes aériennes ciblées dans la région. Mardi 21 juillet, elle revendiquait avoir « neutralisé » cinq « terroristes » circulant à moto et détruit une « camionnette transportant du matériel logistique ».

Échec des renforts et repli vers Djenné

Malgré l’envoi de renforts, composés de soldats maliens et de leurs alliés russes de l’Africa Corps, le convoi n’a jamais atteint Kouakourou. Des embuscades, des attaques par drones ainsi que la destruction d’un pont stratégique ont contraint les militaires à rebrousser chemin et à se replier sur Djenné.

Des familles dispersées et des conditions précaires

Les habitants de Kouakourou ont tous fui vers des zones plus sûres. Certains se sont dirigés vers les villages voisins de Pora ou Saba, où l’entraide locale atténue quelque peu les difficultés rencontrées. D’autres ont parcouru près de 40 kilomètres à pied pour rejoindre Djenné, où ils sont désormais des centaines, hommes, femmes et enfants, accueillis dans des familles ou hébergés dans une école locale.

Les autorités locales, en collaboration avec la Direction nationale du développement social, ont acheminé plusieurs tonnes de vivres ainsi que des moustiquaires pour répondre aux besoins immédiats. Les dons continuent d’affluer, et certains déplacés ont même choisi de se rendre jusqu’à Bamako pour trouver refuge.