Lutte contre la poliomyélite au Burkina Faso : une vaste opération de vaccination lancée dans sept régions

Afin de protéger la petite enfance contre la paralysie, les autorités sanitaires du Burkina Faso, en collaboration avec l’OMS et l’UNICEF, ont initié une action d’envergure. Ce déploiement vise à immuniser plus de deux millions d’enfants de moins de cinq ans à travers sept zones stratégiques du pays.

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Prévue pour durer quatre jours, cette campagne de vaccination concerne les régions suivantes :

  • Plateau Central
  • Centre
  • Centre-Nord
  • Centre-Ouest
  • Centre-Sud
  • Est
  • Centre-Est

Un contexte sanitaire marqué par la Covid-19

L’apparition d’un cas de poliovirus en début d’année dans le district de Ouargaye avait déjà alerté les services de santé. Cependant, la riposte a été freinée par l’émergence de la pandémie de Covid-19, qui a provoqué une interruption temporaire des programmes d’immunisation. Selon James Mugaju, Représentant adjoint de l’UNICEF au Burkina Faso, cet arrêt a favorisé une recrudescence des maladies épidémiques.

En juin, les services de surveillance ont ainsi recensé neuf nouveaux cas de polio ainsi que plus de 600 signalements de paralysie flasque aiguë, un symptôme souvent lié à cette pathologie.

Une mobilisation humaine et logistique massive

Pour garantir le succès de cette opération, plus de 5 000 professionnels de santé et agents mobilisateurs parcourent les quartiers pour vacciner chaque enfant âgé de 0 à 59 mois. L’UNICEF a assuré la fourniture de plus de 2,29 millions de doses de vaccins.

Afin de limiter les risques de transmission du coronavirus durant les visites à domicile, les équipes disposent de 39 500 masques et de 26 500 flacons de solution hydroalcoolique.

L’enjeu de l’éradication durable

Bien que le Burkina Faso ait été certifié exempt de poliovirus sauvage en 2015, il fait face aujourd’hui, comme 14 autres nations africaines, à de nouvelles flambées épidémiques. La poliomyélite reste une infection virale extrêmement contagieuse qui s’attaque au système nerveux via l’ingestion d’eau ou d’aliments souillés.

« Il est impératif de redoubler d’efforts pour atteindre chaque enfant, malgré les défis sécuritaires et sanitaires actuels », a souligné James Mugaju. Une seconde phase de vaccination est déjà programmée pour le mois d’octobre, incluant cette fois les régions du Sahel et du Nord.