Alors que le différend concernant la finale de la Coupe d’Afrique des nations est actuellement examiné par le Tribunal arbitral du sport (TAS), les frictions entre le Sénégal et le Maroc ont resurgi de manière inattendue dans la sphère diplomatique. À l’occasion du sommet Afrique-France qui s’est tenu à Nairobi, une séquence consacrée au sport a mis en lumière la persistance de ce malaise.
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a profité de son temps de parole pour souligner le dynamisme sportif de son pays. En évoquant l’année 2026, il a rappelé que celle-ci avait débuté par un titre de champion d’Afrique pour les Lions de la Teranga. Cette déclaration a déclenché une vague d’enthousiasme dans la salle, sous l’œil attentif d’Emmanuel Macron et face à un Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), visiblement embarrassé.
L’ironie était palpable lorsque le chef de l’État sénégalais a lancé un « Merci à vous pour ce verdict ! ». Une allusion directe à la décision de la CAF d’attribuer la victoire finale au Maroc sur tapis vert (3-0), malgré le succès initial du Sénégal sur la pelouse de Rabat en janvier dernier. Pour la Fédération sénégalaise, ce retournement de situation reste un « braquage administratif » inacceptable, justifiant la procédure en cours devant les instances juridiques de Lausanne.
Le Maroc évite la thématique sportive
Si la délégation marocaine, conduite par Aziz Akhannouch, était bien présente au Kenya pour discuter d’économie et d’énergie, elle a brillé par son absence lors des débats sur le sport. Ce choix illustre la volonté de Rabat de ne pas alimenter la polémique dans un cadre multilatéral. Les diplomates présents sur place ont noté que, si le sujet n’était pas officiellement à l’ordre du jour des tables rondes, il imprégnait néanmoins les échanges en coulisses.
Au-delà du terrain vert, l’affaire prend une tournure humaine et judiciaire délicate. Plusieurs supporters sénégalais ont été incarcérés au Maroc suite à des incidents survenus lors de la finale. Si certains ont déjà recouvré la liberté après avoir purgé leur peine, une quinzaine d’autres restent derrière les barreaux, dans l’attente d’une éventuelle mesure de clémence royale de la part de Mohammed VI.
Une influence sur les règlements mondiales du football
Ce contentieux a laissé des traces jusque dans les règlements internationaux. La FIFA a récemment validé une nouvelle disposition, officieusement nommée « loi Pape Thiaw », en référence à l’attitude du sélectionneur sénégalais lors de la finale. Désormais, les arbitres disposent de pouvoirs accrus pour sanctionner tout joueur ou membre du staff incitant à quitter l’aire de jeu en signe de protestation.
Malgré les tensions, les deux capitales s’efforcent de maintenir un dialogue courtois. À Dakar comme à Rabat, on rappelle que les liens historiques et fraternels doivent demeurer plus forts qu’une simple rivalité sportive. Toutefois, entre les procédures au TAS et les enjeux diplomatiques, le match semble loin d’être terminé.
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