Lazare Sehouéto défend le Sénat béninois contre les critiques prématurées
Lors d’une conférence dédiée à l’État de droit et à l’alternance politique en Afrique, organisée à Cotonou, l’ancien ministre et député Lazare Maurice Sehouéto a pris position en faveur du Sénat, une institution encore sujette à des interprétations divergentes au Bénin.
Ce débat, qui s’est tenu le 6 août 2026 sous l’égide de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP/Co), a permis d’aborder les enjeux du bicamérisme dans un contexte africain en pleine mutation. Pour Sehouéto, le Sénat représente bien plus qu’une simple chambre parlementaire : il incarne un outil essentiel pour ancrer la démocratie et renforcer la stabilité institutionnelle du pays.

Le Sénat, un rempart contre l’instabilité politique
Face aux interrogations soulevées par certains acteurs politiques, notamment l’ancien député Kamel Bio Sika Ouassagari, sur la légitimité et les attributions du Sénat, Lazare Sehouéto a plaidé pour une analyse basée sur les textes légaux plutôt que sur des craintes infondées. Selon lui, cette institution s’inscrit dans une dynamique partagée par plusieurs pays ayant adopté le bicamérisme pour surmonter des périodes de fragilité institutionnelle.
L’ancien parlementaire a rappelé que le Bénin ne fait pas exception : le Sénat a été conçu pour jouer un rôle stabilisateur, en offrant un contrepoids aux excès éventuels du pouvoir exécutif et en favorisant une gouvernance plus équilibrée.
Des exemples internationaux pour appuyer sa démonstration
Pour illustrer son argumentaire, Sehouéto a cité des modèles étrangers où le bicamérisme a permis de consolider la démocratie :
- La France : la création du Sénat sous la Cinquième République a permis de mettre fin à l’instabilité ministérielle des régimes précédents.
- L’Allemagne : l’instauration d’une chambre haute après la Seconde Guerre mondiale a servi de garde-fou contre les dérives autoritaires, garantissant le respect de l’État de droit.
Ces références historiques, selon lui, démontrent que le Sénat béninois pourrait jouer un rôle similaire, à condition que son fonctionnement soit appréhendé avec objectivité et sans a priori.
Un appel à la sérénité et à l’analyse factuelle
À l’heure où certains discours tendent à diaboliser le Sénat avant même son entrée en fonction, Lazare Sehouéto a appelé à une réflexion apaisée. Pour lui, cette institution n’a pas vocation à alimenter les divisions, mais bien à renforcer la cohésion nationale et à sécuriser les perspectives de développement du pays.
Il a conclu en invitant les acteurs politiques et la société civile à privilégier les échanges fondés sur des données tangibles, loin des spéculations ou des interprétations hâtives. Le Sénat, a-t-il souligné, doit être perçu comme un levier de progrès, et non comme une source de tensions.
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