Laurent Gbagbo reconduit à la tête du PPA-CI lors du premier congrès du parti

L’ancien chef d’État ivoirien, Laurent Gbagbo, conserve les rênes de sa formation politique. À l’issue du premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), l’ex-président a été officiellement maintenu dans ses fonctions de dirigeant, en dépit des signaux de retrait qu’il avait émis précédemment.

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Alors qu’il franchira bientôt le cap des 81 ans, celui qui a dirigé la Côte d’Ivoire entre 2000 et 2011 a vu son mandat renouvelé ce vendredi. Ce choix intervient après une période d’incertitude où l’homme politique avait suggéré vouloir se mettre en retrait de la scène partisane active.

Le PPA-CI traverse actuellement une zone de turbulences. Absent du scrutin présidentiel d’octobre 2025 en raison de l’inéligibilité de son leader, le parti a également opté pour le boycott des législatives. Cette stratégie a laissé la formation sans représentation à l’Assemblée nationale et avec un ancrage local réduit à quelques municipalités.

Un plébiscite militant à Abidjan

La reconduction de Laurent Gbagbo s’est opérée par acclamation au Palais des congrès de Treichville, à Abidjan. Devant des milliers de délégués enthousiastes, le leader historique a exprimé sa gratitude face à l’accueil chaleureux de ses partisans. Un discours plus approfondi est attendu prochainement à Songon.

Au-delà de cette réélection, le congrès a été marqué par des prises de position géopolitiques fortes. Une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a été vivement approuvée par l’assistance, soulignant une ligne politique en décalage avec celle de l’actuel gouvernement ivoirien.

Sanctions internes et fragmentation politique

Le parti a également profité de cette assise pour faire le ménage dans ses rangs. Des mesures disciplinaires sévères ont été prises contre ceux qui ont bravé les consignes de boycott. Ahoua Don Mello a ainsi été radié, tandis que Stéphane Kipré écope d’une suspension de 18 mois pour sa participation en indépendant aux dernières législatives.

Cette fermeté illustre la fragmentation croissante de la gauche ivoirienne. Plusieurs figures historiques, autrefois proches de l’ex-président, ont pris leurs distances pour fonder leurs propres mouvements. Parmi eux figurent son ancienne épouse Simone Ehivet Gbagbo, son ex-allié Charles Blé Goudé, ou encore l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan.

L’avenir politique de Laurent Gbagbo reste suspendu à sa réintégration sur les listes électorales. Ce retour dépend d’une éventuelle mesure d’amnistie de la part du président Alassane Ouattara, son successeur au pouvoir depuis la fin de la crise post-électorale de 2011.