Crise humanitaire à Bamako : l’alerte d’Amnesty International face au blocus djihadiste

Crise humanitaire à Bamako : l’alerte d’Amnesty International face au blocus djihadiste

L’organisation Amnesty International a interpellé, ce vendredi 15 mai, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) concernant la situation critique à Bamako. La capitale malienne subit un isolement forcé depuis le jeudi 30 avril, une situation qui engendre des répercussions jugées insupportables pour la libre circulation des habitants.

Mali. Blocus du JNIM à Bamako : Amnesty International dénonce des "conséquences inacceptables" sur la circulation des civils

Depuis la fin du mois d’avril, Bamako, le centre névralgique du Mali, est la cible d’un blocus rigoureux imposé par les djihadistes du JNIM. Face à cette pression constante, Amnesty International a exigé, le 15 mai, que la sécurité et les droits fondamentaux des civils soient préservés. Cette situation fait suite à une vague d’assauts coordonnés survenus les 25 et 26 avril, menés conjointement par le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces groupes armés ont concentré leurs attaques sur des points névralgiques contrôlés par le pouvoir militaire en place.

Un siège aux « conséquences inacceptables »

Dans ses récentes déclarations, l’organisation de défense des droits humains a fustigé les entraves majeures imposées à la population. Elle souligne que ce siège pourrait provoquer de graves atteintes à la sécurité alimentaire, ainsi qu’aux droits essentiels à la santé et à la vie. Marceau Sivieude, responsable régional au sein de l’ONG, a rappelé que les principes du droit international humanitaire obligent les belligérants à ne jamais cibler les non-combattants. Selon lui, les offensives dirigées contre des transports civils sont formellement illégales.

L’ONG rapporte notamment qu’un convoi de fret civil a été pris pour cible le mercredi 6 mai. Ces camions, qui transportaient principalement des denrées alimentaires comme des fruits entre Bamako et Bougouni, ne bénéficiaient d’aucune protection militaire et ne convoyaient aucun matériel de guerre. En réaction à ce climat d’insécurité croissant, de nombreuses sociétés de transport routier ont pris la décision de suspendre leurs activités vers la capitale malienne, accentuant ainsi l’isolement de la métropole.