Lambert Mende défend farouchement Félix Tshisekedi face à l’agression rwandaise

Lors d’une matinée politique organisée par la Convention des Congolais Unis (CCU), Lambert Mende Omalanga a livré une analyse sans équivoque de la crise multidimensionnelle qui frappe la République démocratique du Congo. Face aux militants de son parti, il a interpellé la nation sur l’urgence de surpasser les clivages internes pour affronter ce qu’il qualifie de menace vitale pour l’existence même du pays.

« Que nous réserve l’avenir ? » : cette question lancinante a servi de fil conducteur à l’intervention de Lambert Mende, qui a choisi de l’aborder sous l’angle de la crise sécuritaire et humanitaire qui ravage l’Est de la RDC depuis près de trois décennies.

Pour le porte-parole historique de la CCU, les bouleversements géopolitiques récents, tant à l’échelle mondiale que régionale, ont profondément marqué l’évolution de la situation congolaise depuis les années 1990.

Le Rwanda pointé du doigt

Lambert Mende n’a pas mâché ses mots pour désigner le Rwanda comme l’instigateur principal de l’instabilité chronique dans l’Est congolais. Selon lui, plusieurs factions armées opérant dans cette zone seraient des proxys du régime de Kigali, une accusation qu’il étaye par des éléments concrets exposés lors de son allocution.

Le dirigeant de la CCU a également rappelé les justifications successives avancées par le président rwandais Paul Kagame pour légitimer les incursions de son pays en territoire congolais. Si les arguments initiaux évoquaient la lutte contre les ex-FDLR ou la protection des Tutsi du Nord-Kivu, ces motifs auraient, selon Mende, progressivement cédé la place à des revendications territoriales incompatibles avec la souveraineté de la RDC.

Un optimisme mesuré malgré l’ampleur des défis

Malgré un tableau alarmant, Lambert Mende a tenu à adopter un ton résolument optimiste. Il a souligné l’efficacité des pressions diplomatiques exercées sur Kigali, citant en exemple les sanctions américaines qui, selon lui, contribuent à affaiblir le régime rwandais.

Le leader de la CCU a salué les avancées enregistrées dans le cadre du désarmement volontaire des ex-FDLR, un processus qu’il présente comme un levier pour démanteler l’un des principaux prétextes invoqués par le Rwanda pour justifier sa présence militaire dans l’Est du Congo.

Dialogue national sous conditions strictes

Sur la question d’un Dialogue national inclusif, Lambert Mende a reconnu une convergence émergente entre le pouvoir, l’opposition et la société civile sur la nécessité d’un tel forum. Cependant, la CCU impose des préalables non négociables : la priorité absolue doit être accordée à la réponse à l’agression rwandaise et au renforcement de la cohésion nationale.

Pour la Convention des Congolais Unis, ce Dialogue devra impérativement aboutir à la mise en place d’un mécanisme de prévention et de lutte contre le terrorisme, quelle que soit son origine. À cet égard, Lambert Mende a exclu la participation de personnalités condamnées par la justice ou sanctionnées par la communauté internationale pour collaboration avec l’agresseur. De même, les membres des groupes armés alliés au Rwanda qui ne rompent pas explicitement avec Kigali ne sauraient être associés à ce processus.

Réforme constitutionnelle : clarifier les enjeux

La réforme constitutionnelle a également occupé une place centrale dans le discours de Lambert Mende. L’ancien ministre de l’Information sous Joseph Kabila a appelé à distinguer clairement l’adoption d’une loi référendaire de l’organisation effective d’un référendum. Il a rappelé que ce dernier constitue un outil démocratique fondamental, tout en insistant sur la nécessité pour les États de pouvoir adapter leur calendrier institutionnel en période de crise exceptionnelle.

Pour étayer son propos, il a évoqué l’exemple des États-Unis lors des crises majeures du XXe siècle, ainsi que le cas de l’Ukraine confrontée à la guerre.

Maintenir Tshisekedi au pouvoir pendant la crise

L’intervention de Lambert Mende a également porté sur l’avenir politique du président Félix-Antoine Tshisekedi. La CCU considère que, dans le contexte d’une agression rwandaise persistante, le chef de l’État doit conserver son mandat. Selon Mende, Félix Tshisekedi serait le seul dirigeant, parmi les quatre ayant gouverné la RDC depuis 1996, à avoir initié des mesures politiques, militaires et diplomatiques d’envergure face à cette menace.

Cette prise de position intervient alors que les débats sur la réforme constitutionnelle et l’évolution institutionnelle du pays agitent la classe politique congolaise.

L’unité nationale face à l’urgence sécuritaire

Poursuivant son plaidoyer en faveur de la cohésion nationale, Lambert Mende a exhorté les Congolais à mettre de côté leurs dissensions politiques, jugées secondaires face à l’urgence. Pour lui, la sécurité et la survie de l’État congolais doivent primer, dans un contexte marqué par une crise humanitaire particulièrement préoccupante.

Le dirigeant de la CCU a notamment évoqué l’épidémie d’Ebola qui sévit dans des zones situées sur la ligne de front entre les forces rwandaises et congolaises, à l’Est du pays.

Un partenariat stratégique avec les États-Unis

En conclusion de son intervention, Lambert Mende a apporté son soutien à l’initiative du président Tshisekedi visant à établir une alliance stratégique entre la RDC et les États-Unis. Pour lui, ce partenariat pourrait renforcer la résilience du peuple congolais et permettre au pays de se doter d’une véritable stratégie de puissance face aux défis actuels.

« La maison brûle », a-t-il martelé, appelant les Congolais à transcender leurs querelles politiques pour se mobiliser autour de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.

Le message des lumumbistes de la CCU s’érige ainsi en un plaidoyer pour l’unité, la cohésion et la concentration des efforts sur la crise sécuritaire.

« Vive la République démocratique du Congo, une et indivisible ! », a lancé Lambert Mende Omalanga en clôture de son discours.

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