La stratégie africaine pour éradiquer la polio se renforce à Dakar

Une mobilisation continentale pour des données fiables

La capitale du Sénégal, Dakar, est actuellement le théâtre d’une initiative cruciale pour la santé publique en Afrique. Plus de 80 spécialistes venus de 19 pays du continent y sont rassemblés pour une mission commune : améliorer de manière significative la qualité, la cohérence et l’exploitation des données relatives à la surveillance de la poliomyélite et à la gestion des épidémies. Cet effort concerté représente une étape fondamentale pour affiner la détection des maladies, piloter efficacement les campagnes de vaccination et garantir la protection des enfants contre ce fléau sur l’ensemble du territoire africain.

Cet événement majeur se tient dans le cadre de l’Atelier sur l’évaluation de la qualité des données et la coordination des axes de travail de la poliomyélite, orchestré par le Programme pour l’éradication de la poliomyélite (PEP) du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique (OMS AFRO). La rencontre réunit des acteurs clés, incluant des délégués des ministères de la Santé, des experts des laboratoires nationaux de référence, ainsi que des représentants des bureaux de l’OMS, tant au niveau national que régional et mondial. L’objectif est de consolider les systèmes d’information qui sous-tendent la surveillance de la maladie et la prise de décisions éclairées.

Des solutions pratiques pour des défis persistants

Au cœur des discussions, les participants procèdent à un examen minutieux de la qualité des données dans des domaines essentiels du programme de lutte contre la polio. Cela inclut la surveillance de la paralysie flasque aiguë (PFA), la surveillance environnementale, les analyses en laboratoire, ainsi que le suivi électronique et les activités de vaccination supplémentaires (AVS). L’analyse des difficultés majeures vise à identifier les obstacles récurrents et à élaborer des solutions concrètes pour garantir une transmission fluide et ponctuelle de données fiables.

Une part importante de l’atelier est consacrée à des sessions pratiques. Celles-ci permettent aux experts de se familiariser avec les outils et solutions numériques conçus par l’équipe régionale, favorisant ainsi l’adoption d’approches centrées sur les données à tous les niveaux. Les échanges portent également sur la maintenance opérationnelle des plateformes numériques qui assurent une collecte, une analyse et un rapportage rapides des informations, éléments indispensables à une prise de décision basée sur des preuves tangibles.

Un engagement au plus haut niveau

Lors de l’ouverture officielle, le Dr Yao N’da Konan Michel, Représentant de l’OMS au Sénégal, a exprimé sa gratitude envers le gouvernement sénégalais pour son accueil. Il a salué les performances remarquables du pays dans la lutte contre les maladies infectieuses dans la région. Le Dr Yao a rappelé que si la Région africaine de l’OMS a célébré en 2020 sa certification comme étant exempte de poliovirus sauvage, la menace des poliovirus variants circulants impose une vigilance de tous les instants. Il a insisté sur l’importance cruciale d’une surveillance de haute qualité, d’une riposte rapide aux flambées épidémiques et de campagnes de vaccination performantes, le tout reposant sur un écosystème numérique solide et une gouvernance des données rigoureuse.

Abondant dans le même sens, M. Kebba Touray, responsable de l’équipe Gestion des données et de l’information du programme, a souligné que cet atelier incarne un engagement partagé. Il s’agit de préserver et de valoriser l’héritage du programme en matière de gestion de l’information pour renforcer durablement les systèmes de surveillance sanitaire en Afrique. Il a reconnu que ce système a été bâti grâce au leadership de l’OMS, à un financement ciblé de la Fondation Gates et au soutien technique d’autres partenaires. M. Touray a exhorté les participants à profiter de ces deux semaines pour mettre en place des mécanismes robustes afin de combler les lacunes. Il a averti que sans progrès, il deviendrait difficile d’évaluer la sensibilité de la surveillance, de suivre la qualité des campagnes et d’analyser la performance des ripostes, ce qui mettrait en péril les avancées vers l’éradication totale de la poliomyélite dans la Région.