Homosexualité au Sénégal : sonko rejette les critiques et maintient la loi

Vendredi dernier, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a exprimé une position sans équivoque devant les députés à l’Assemblée nationale, lors d’un échange marqué par la tension. Cette séance de questions d’actualité, la cinquième depuis l’avènement du gouvernement du Pastef, a permis au chef du gouvernement d’aborder frontalement la question sensible de la législation sur l’homosexualité.

Interrogé sur le durcissement récent des peines de prison pour les relations homosexuelles, il a catégoriquement refusé d’envisager un report ou une suspension de cette loi. Son discours a été clair : le gouvernement sénégalais entend appliquer cette mesure avec la plus grande rigueur. Plus de cent personnes ont été interpellées en trois mois seulement, tandis que des intellectuels africains ont récemment appelé, par voie de tribune, à un moratoire sur le texte.

Ousmane Sonko a justifié cette posture en évoquant la nécessité de mettre fin à ce qu’il qualifie de « prolifération de l’homosexualité ». Il a insisté sur une application « totale, impersonnelle et parfaite » de la loi, rappelant que les autorités judiciaires ne feront aucune exception, même pour les personnalités proches du pouvoir. Les arrestations récentes de plusieurs figures influentes en attestent.

Face aux réactions internationales suscitées par cette législation, le Premier ministre a balayé d’un revers de main les critiques venues de l’étranger. Il a particulièrement visé la France, dénonçant des « gesticulations » perçues comme des tentatives d’ingérence. Son message a été sans ambiguïté : le Sénégal ne se laissera pas dicter sa conduite par des pays étrangers.

Dans un élan de fermeté, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il qualifie de « tyrannie de l’Occident », accusant certains pays de vouloir imposer leur vision sociétale via le contrôle des médias. Ses propos ont été sans concession : « S’ils ont opté pour ces pratiques, c’est leur problème, mais nous n’avons pas de leçon à recevoir d’eux. » Il a ajouté, avec une pointe de défi, que si un renforcement de la loi s’avérait nécessaire, il serait mis en œuvre sans hésitation.