Hausse des prix de la volaille à ati : une crise qui touche tous les acteurs

hausse des prix de la volaille à ati : une crise qui touche tous les acteurs

Éleveur montrant un poulet au Tchad

À Ati, dans le Batha, la flambée des prix de la volaille s’impose comme un véritable casse-tête pour les habitants. Entre ménages, commerçants et éleveurs, cette hausse brutale des coûts met en péril l’équilibre alimentaire et économique local. Quelles en sont les causes ? Et surtout, quelles solutions envisager pour y remédier ?

Une inflation qui touche tous les acteurs

Le marché central d’Ati, autrefois dynamique, traverse une période de ralentissement. Les cages de poulets et pintades, autrefois bien garnies, se font désormais plus rares. Les prix ont explosé : un poulet, qui se vendait entre 6 000 et 8 000 FCFA il y a quelques mois, coûte désormais entre 10 000 et 15 000 FCFA. Les petites volailles, comme les pintades, suivent la même tendance, avec des hausses allant jusqu’à 3 000 FCFA pour des spécimens autrefois vendus à 1 500 FCFA.

Cette inflation intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des Tchadiens ne cesse de diminuer. Les ménages, déjà fragilisés par la hausse générale des prix, doivent désormais faire des choix douloureux. « Auparavant, nous pouvions offrir du poulet à nos enfants une fois par semaine, mais aujourd’hui, c’est devenu un luxe », confie Amina Mahamat, mère de famille rencontrée sur place.

Les commerçants et restaurateurs en première ligne

Du côté des vendeurs, la situation est tout aussi préoccupante. Malgré la hausse des prix, les ventes chutent. « Même si nous augmentons les tarifs, les clients achètent moins. Certains repartent sans rien acheter », explique Issa Hassan, un vendeur de volailles expérimenté. Les restaurateurs, quant à eux, doivent soit réduire les portions, soit augmenter les prix des plats, au risque de perdre leur clientèle habituelle.

Les petits commerçants de la filière avicole ne sont pas épargnés. Les transporteurs, les revendeurs d’aliments pour volailles et les fournisseurs de produits vétérinaires ressentent également les effets de cette crise. Certains estiment que les ventes auraient chuté de 20 à 30 % par rapport à l’année dernière, bien que ces chiffres restent à confirmer.

Des éleveurs sous pression

Les producteurs de volailles subissent de plein fouet cette crise. Leurs charges ont explosé : aliments pour animaux, médicaments, transport… sans oublier les difficultés liées à l’accès à l’eau et aux pâturages. « Nos dépenses augmentent chaque mois, et nous sommes obligés de répercuter cela sur les prix. Mais cela ne signifie pas que nous réalisons des bénéfices », souligne Abakar Abdoulaye, éleveur près d’Ati.

Les maladies aviaires, la sécheresse et la rareté des ressources aggravent encore la situation. Certains éleveurs voient leurs troupeaux décimés, ce qui réduit encore davantage l’offre de volailles sur le marché.

Des pistes pour sortir de la crise

Face à cette situation, plusieurs acteurs locaux appellent à une intervention urgente. Parmi les mesures proposées :

  • Un accès facilité aux aliments pour volailles à des tarifs abordables ;
  • Un renforcement des services vétérinaires pour limiter les pertes en bétail ;
  • Des campagnes de vaccination contre les maladies aviaires ;
  • Des facilités de financement pour les petits éleveurs ;
  • Un accompagnement technique pour améliorer la production locale.

Ces solutions pourraient permettre de stabiliser les prix, d’augmenter l’offre et de sécuriser l’alimentation des ménages. Sans une réponse rapide, la crise risque de s’aggraver, avec des conséquences dramatiques sur l’économie locale et la sécurité alimentaire.

Un défi pour les autorités

La flambée des prix de la volaille à Ati illustre les difficultés économiques auxquelles le Tchad doit faire face. Si aucune mesure n’est prise, cette crise pourrait aggraver la précarité des ménages et freiner le développement économique de la région. Pour de nombreux habitants, l’accès à une alimentation équilibrée est désormais un combat quotidien. La maîtrise des prix des produits de première nécessité doit devenir une priorité absolue pour les autorités locales et nationales.