Est de la RDC : un an après l’accord de paix avec le Rwanda, l’impasse persiste

Est de la RDC : un an après l’accord de paix avec le Rwanda, l’impasse persiste

Les affrontements entre les forces gouvernementales de Kinshasa et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) se sont intensifiés ces derniers mois dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette recrudescence survient malgré la signature, il y a un an, d’un accord de paix à Washington, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio et des dirigeants congolais et rwandais.

Un conflit qui s’enlise malgré les négociations

Depuis trois décennies, la RDC endure une guerre chronique, aggravée par le retour en force du M23 en 2021. Selon les Nations unies, ce groupe armé bénéficie d’un soutien militaire du Rwanda. En avril 2025, une lueur d’espoir est apparue avec le lancement de pourparlers à Doha entre l’Alliance fleuve Congo – branche politique du M23 – et le gouvernement congolais, sous l’égide du Qatar.

Parallèlement, les États-Unis ont piloté des négociations bilatérales entre la RDC et le Rwanda. Après des mois de tractations, un accord historique a été paraphé le 27 juin 2025 à Washington, en présence de Marco Rubio. Pourtant, force est de constater que la situation sur le terrain reste bloquée.

Un statu quo préoccupant

« La région fait face à un statu quo », analyse Bob Kabamba, politologue à l’Université de Liège. « Les avancées territoriales du M23 sont toujours sous son contrôle, tandis que les violations du cessez-le-feu se multiplient, tant du côté des forces gouvernementales que de la rébellion. »

Le professeur souligne également la persistance du recrutement de nouveaux combattants par le M23. « Dans cette dynamique, c’est la rébellion qui dicte actuellement le tempo. Le rapport de force sur le terrain déterminera à l’avenir la capacité des parties à imposer leur vision politique. »

Quelles perspectives après un an de trêve ?

Un an après l’accord de paix, les espoirs de stabilisation s’éloignent. Les combats continuent de faire rage, tandis que les populations civiles paient le prix fort de cette impasse. La communauté internationale, qui avait salué l’accord de Washington, voit ses attentes déçues face à l’absence de progrès concrets.

Les prochains mois seront décisifs pour savoir si le dialogue pourra enfin aboutir à une paix durable ou si l’est de la RDC restera prisonnier de ce cycle infernal de violences.