Ebola en RDC : le bilan dépasse les 2 000 morts, une crise sanitaire sans précédent

Ebola en RDC : le bilan dépasse les 2 000 morts, une crise sanitaire sans précédent

soignant en combinaison de protection contre Ebola

La République démocratique du Congo (RDC) affronte une épidémie d’Ebola d’une gravité historique. Les autorités sanitaires viennent d’annoncer un bilan humain dramatique : plus de 2 000 décès ont été recensés depuis le début de cette flambée, qui progresse à un rythme inquiétant.

Le 15 mai dernier, la RDC a officiellement déclaré sa 17e épidémie d’Ebola. Dès son annonce, cette crise sanitaire a été qualifiée d’exceptionnelle par les experts. Sania Nishtar, à la tête de l’Alliance du vaccin Gavi, a mis en garde : cette épidémie pourrait bien devenir la plus meurtrière jamais enregistrée dans le monde.

D’après les derniers chiffres communiqués mardi par les services de santé congolais, l’épidémie a déjà causé 2 011 décès parmi 4 381 cas confirmés. Le seuil des 1 000 morts avait été franchi le 22 juillet, illustrant la rapidité avec laquelle cette maladie se propage.

Pour comparer, la précédente épidémie la plus meurtrière en RDC, survenue entre 2018 et 2020, avait enregistré près de 2 300 morts pour 3 500 malades. Le taux de mortalité actuel s’élève à 45,9%, selon les autorités sanitaires locales.

Une situation sanitaire qui s’aggrave

Le ministre de la Santé congolais, Samuel Roger Kamba, a tiré la sonnette d’alarme mardi lors d’une intervention retransmise sur X. « Nous n’avons pas encore atteint le pic de l’épidémie », a-t-il déclaré, confirmant ainsi les craintes des spécialistes.

Pourtant, les autorités sanitaires tablent sur une amélioration d’ici trois mois. « Dans les trois mois à venir, nous pensons maîtriser la progression et commencer à observer une diminution des cas », a-t-il ajouté, tout en soulignant l’urgence de la situation.

Des défis majeurs dans la lutte contre l’épidémie

La riposte sanitaire se heurte à deux obstacles majeurs : l’insécurité persistante dans les zones touchées et la méfiance d’une partie de la population.

Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, a révélé une réalité alarmante : « Seuls 30 % des malades sont pris en charge à l’hôpital, tandis que 70 % meurent à domicile ». Cette situation aggrave considérablement le risque de contamination et rend la lutte contre Ebola encore plus complexe.

Lors d’une conférence de presse organisée à Bunia, capitale de l’Ituri, il a précisé : « C’est pour cette raison que cette épidémie est différente des précédentes ».

Vaccins en test : une lueur d’espoir

Face à cette crise, les experts de l’OMS ont donné leur feu vert vendredi pour évaluer le vaccin Ervebo, seul vaccin homologué contre Ebola. L’enjeu est de taille : il s’agit de tester son efficacité contre le variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué cette initiative sur X, évoquant des « bonnes nouvelles ». Les données accumulées sur la sécurité du vaccin Ervebo permettent d’envisager une phase 3 d’essai clinique à grande échelle, impliquant des milliers de personnes.

L’Alliance du vaccin Gavi a confirmé que des doses d’Ervebo, issues du stock mondial de vaccins contre Ebola, seraient mises à disposition pour soutenir ces essais. Ce stock, produit par le laboratoire américain Merck, compte environ 500 000 doses, dont une partie est conservée en permanence en RDC en raison de la récurrence des épidémies dans le pays.

Gavi, créée en 2000, rassemble des donateurs publics et privés pour faciliter l’accès des pays en développement à des vaccins abordables.

Par ailleurs, le Canada a autorisé le géant pharmaceutique américain Moderna à lancer des essais cliniques pour son vaccin contre le variant Bundibugyo. Deux autres candidats sont également en développement : le vaccin rVSV Bundibugyo, considéré comme le plus prometteur par l’OMS et développé par Hilleman Laboratories, ainsi qu’un vaccin de l’université d’Oxford, dont le premier volontaire a reçu une dose fin juillet.

Un soutien international crucial

Les États-Unis ont annoncé mercredi un financement supplémentaire de plus de 242 millions de dollars pour renforcer la lutte contre l’épidémie en RDC.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, provoque une fièvre hémorragique foudroyante. Depuis 50 ans, cette maladie a causé la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique.