Crise des transports au Mali : Bamako isolée par un blocus routier

Au Mali, la circulation sur les axes majeurs menant à Bamako est devenue un véritable défi pour les usagers. Depuis les offensives du 25 avril, le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) impose un blocus rigoureux, paralysant le transit vers la capitale.

La situation sécuritaire s’est dégradée avec l’incendie volontaire de nombreux camions de fret et bus de passagers par des groupes armés. Si certains transporteurs tentent encore de maintenir des liaisons, beaucoup ont préféré stopper leurs rotations pour protéger leurs flottes et les vies humaines.

Des itinéraires éprouvants et des départs annulés

Dans les gares routières de Bamako, l’ambiance est lourde. Un autocar arrivant de Mauritanie illustre la complexité du voyage : parti de Nouakchott il y a plusieurs jours, il a dû braver de nombreux obstacles avant d’atteindre sa destination.

Mody, un voyageur malien souhaitant rejoindre sa famille pour l’Aid el Kebir, raconte son périple. Après avoir quitté la capitale mauritanienne, il est resté bloqué plusieurs nuits à Gogui, à la frontière malienne, en raison de l’insécurité. Malgré l’espoir d’une escorte par l’armée du Mali, le voyage s’est poursuivi dans l’incertitude. À Diéma, l’annonce de bus contraints de rebrousser chemin sous la menace des combattants du Jnim a confirmé la dangerosité de la zone.

Les pertes matérielles sont lourdes pour les professionnels du secteur. Un responsable de transport rapporte que plusieurs de ses véhicules ont été réduits en cendres, tandis que d’autres restent immobilisés dans les pays limitrophes.

Une attente interminable pour les passagers

Le constat est identique pour les liaisons internes, notamment vers Ségou. De nombreux passagers se retrouvent bloqués dans les gares, espérant décrocher un hypothétique ticket de transport.

C’est le cas de Seyba, un homme d’une soixantaine d’années qui cherche désespérément à retourner dans la région de Ségou après des funérailles à Bamako. Malgré ses recherches auprès de multiples compagnies, la réponse reste la même : les routes sont trop risquées. Face à cette impasse, il n’a d’autre choix que de prolonger son séjour dans la capitale malienne.

L’impact économique est immédiat. Plusieurs gérants de compagnies ont officiellement suspendu leurs activités après avoir perdu des bus, incendiés par les insurgés qui maintiennent leur pression sur les accès stratégiques de la ville.