
Un collectif de 43 organisations panafricaines a décidé de frapper un grand coup en saisissant officiellement la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA) contre les dernières modifications constitutionnelles au Togo. Cette mobilisation inédite reflète une montée des tensions autour du pouvoir de Faure Gnassingbé, dont le maintien en poste fait l’objet de vives critiques.
Des organisations africaines unissent leurs voix pour dénoncer les changements constitutionnels
Parmi les signataires de cette saisine, on retrouve des associations de défense des droits humains, des mouvements citoyens et des collectifs engagés pour la démocratie sur le continent. Leur objectif est clair : alerter les instances régionales sur les risques démocratiques liés à l’évolution des institutions togolaises.
Ces organisations estiment que les réformes constitutionnelles récentes remettent en cause les équilibres démocratiques et pourraient favoriser une concentration excessive du pouvoir entre les mains du président togolais. Leur démarche vise à obtenir une intervention urgente de la CEDEAO et de l’UA pour examiner la conformité de ces changements avec les principes démocratiques africains.
Les griefs avancés contre Faure Gnassingbé et son gouvernement
Les signataires pointent du doigt plusieurs aspects des modifications constitutionnelles, notamment :
- La limitation des contre-pouvoirs institutionnels, jugée incompatible avec les standards démocratiques ;
- L’affaiblissement de l’indépendance de la justice, perçu comme une menace pour l’État de droit ;
- Le risque de personnalisation excessive du pouvoir, qui pourrait prolonger indéfiniment le règne de Faure Gnassingbé.
Ces organisations rappellent que le Togo, tout comme ses voisins, s’est engagé à respecter les chartes africaines sur la gouvernance et les droits humains. Elles exigent que ces engagements soient respectés et que les réformes soient soumises à un examen rigoureux.
Réaction attendue des instances régionales
La saisine déposée auprès de la CEDEAO et de l’UA pourrait déclencher une série de consultations et d’enquêtes. Les deux organisations sont déjà sous pression pour clarifier leur position face aux évolutions politiques dans plusieurs pays de la région.
Les observateurs s’interrogent sur la rapidité avec laquelle ces instances réagiront. Une intervention ferme pourrait envoyer un signal fort aux autres pays africains tentés par des réformes constitutionnelles controversées. À l’inverse, un silence ou une réponse diluée risquerait d’alimenter les critiques sur le manque de fermeté des institutions régionales.
Dans ce contexte, la mobilisation des 43 organisations africaines pourrait bien marquer un tournant dans la défense des valeurs démocratiques sur le continent.
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