La santé du Président Paul Biya, en déplacement depuis près de deux mois, alimente les rumeurs et les tensions au Cameroun. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a tenté de calmer les esprits en confirmant, sans plus de détails, le retour imminent du Chef de l’État dans son pays.
Un silence officiel qui attise les interrogations
Âgé de 93 ans, Paul Biya, né le 13 février 1933, suscite des inquiétudes croissantes depuis son départ du territoire national. Son absence prolongée, sans explication officielle claire, nourrit les spéculations les plus diverses. Le gouvernement assure pourtant que « le président est en vie » et qu’il n’y a « aucune vacance du pouvoir ». Une affirmation qui ne suffit pas à éteindre les débats.
L’opposition exige des réponses sur la continuité de l’État
Plusieurs figures de l’opposition camerounaise, dont Jean-Michel Nintcheu et l’Union démocratique du Cameroun (UDC), réclament désormais une transparence totale sur l’état de santé du Président et la stabilité des institutions. Ils évoquent un possible « vide institutionnel » et dénoncent une gouvernance à distance, alors que le camp présidentiel maintient que Paul Biya conserve le contrôle des affaires.
Parmi leurs revendications, la saisine du Conseil constitutionnel pour constater une éventuelle vacance du pouvoir figure en tête de liste. Leurs arguments ? Une République ne peut reposer sur des silences ou des hypothèses, surtout lorsque la continuité de l’État est en jeu.
Le cadre juridique en cas de vacance : quelles sont les règles ?
La Constitution camerounaise, dans son article 6, alinéa 4, encadre strictement la procédure à suivre en cas de vacance du pouvoir. Celle-ci peut être déclarée en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif, après validation par le Conseil constitutionnel. Une fois la vacance constatée, l’élection d’un nouveau Président doit être organisée dans un délai de 20 à 120 jours.
Pendant cette période transitoire, le président du Sénat prend les rênes du pays par intérim. Actuellement, cette fonction revient à Aboubakary Abdoulaye, 64 ans. À défaut, c’est la première vice-présidente du Sénat, Naomie Mikel Bégala épouse Akono, 63 ans, qui assurerait la succession immédiate. Les limites de leurs pouvoirs sont strictement définies : modification de la Constitution, remaniement gouvernemental ou organisation d’un référendum leur sont interdits. De plus, ils ne peuvent se présenter à l’élection présidentielle suivant la vacance.
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