Blocages douaniers : le programme sino-congolais en RDC menacé d’arrêt

Sur le terrain congolais, l’avancement des chantiers du Programme Sino-Congolais, financé par SICOMINES, est fortement compromis par des problèmes de dédouanement persistants. Malgré les efforts conjugués des acteurs techniques, financiers et institutionnels, une partie des matériaux et équipements nécessaires à la réalisation des infrastructures reste bloquée, paralysant ainsi l’ensemble des activités.

Des retards critiques sur les chantiers routiers

Nico Nzau Nzau, Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), a alerté le Ministre des Infrastructures, John Banza, lors d’une récentes caravane d’inspection. Selon ses déclarations, les travaux de revêtement des routes auraient déjà débuté si le bitume ne s’était pas retrouvé immobilisé à la douane de Matadi depuis plus de six mois. Ce retard menace gravement l’échéancier des projets, alors que le Programme Sino-Congolais bénéficie d’exonérations fiscales prévues par la Loi n°14/005 de 2014 et l’Avenant n°5 de la Convention de Collaboration signée en 2024.

Des blocages administratifs qui freinent le développement

Les dysfonctionnements administratifs s’accumulent : les demandes de prise en charge des fiscalités indirectes et les messages phoniques restent sans réponse depuis des mois. Pourtant, ces mesures sont essentielles pour permettre aux entreprises impliquées dans le programme de poursuivre leur mission. Sans une intervention rapide, l’ensemble des infrastructures prévues pourrait subir un ralentissement majeur, voire un arrêt complet.

John Banza, Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, a salué les progrès réalisés sur certains chantiers, mais a souligné que ces blocages douaniers constituent un frein majeur au développement économique et social du pays.

Des projets phares impactés par la saison sèche

La saison sèche, habituellement propice aux travaux, pourrait cette année aggraver les retards. Plusieurs chantiers emblématiques sont concernés :

  • Les Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa
  • La route Manterne – Tshela – Singini
  • La route Kananga – Kalamba Mbuji
  • La RN1 (tronçon Mbujimayi – Nguba)
  • Le Stade d’Idiofa
  • L’Hôpital Général de Référence de Kikwit

Ces infrastructures, attendues avec impatience par la population, risquent de ne pas être livrées dans les délais impartis. À titre d’exemple, 1 477 tonnes de bitume, destinées à plusieurs projets majeurs, sont immobilisées au Port de Matadi depuis janvier 2026. Sans compter les 1 650 tonnes supplémentaires bloquées dans le Grand Katanga, ainsi que des équipements lourds et des pièces détachées essentielles aux chantiers.

L’APCSC, clé de voûte pour débloquer la situation

Pour éviter une paralysie totale des chantiers, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC) doit jouer un rôle central. En tant qu’interface entre les parties prenantes, elle est chargée du dédouanement des matériaux et équipements du Programme Sino-Congolais. Son intervention est désormais indispensable pour relancer les activités et honorer les engagements pris envers la population.

Sans une mobilisation immédiate de tous les acteurs, c’est tout le pays qui subira les conséquences de ces retards : des infrastructures modernes promises aux Congolais, mais qui ne verront peut-être jamais le jour.