Bénin : la modernisation des marchés, un tournant pour l’économie et les commerçants

Le contraste est frappant : des étals improvisés, vulnérables aux intempéries, aux complexes commerciaux modernes, sécurisés et pavés. En l’espace d’une décennie, l’administration du président Patrice Talon a orchestré une transformation structurelle profonde, redéfinissant l’exercice du commerce au Bénin. Au-delà de l’embellissement urbain, il s’agit d’une véritable révolution des conditions de vie et de travail pour des milliers de commerçants.

La fin d’une ère de précarité pour les marchandes

Le souvenir est encore vif : celui des marchés de quartier transformés en véritables bourbiers à la moindre averse, où les vendeuses, souvent surnommées les « Amazones des marchés », devaient lutter avec la boue et des bâches de fortune pour préserver leurs marchandises. Avant 2016, l’insalubrité était la norme, et l’insécurité, une source d’angoisse constante. Les incendies récurrents, souvent provoqués par des installations électriques défectueuses, anéantissaient des existences entières, sans que les services d’urgence ne puissent intervenir efficacement.

Aujourd’hui, cette réalité appartient au passé. Avec la mise en service de 35 marchés modernes de type R+1, répartis sur l’ensemble du territoire, l’État béninois a instauré des standards internationaux. Cet investissement colossal, s’élevant à plusieurs dizaines de milliards de FCFA, a permis d’optimiser l’espace commercial. Grâce à ces structures à étages, la capacité d’accueil a augmenté de 40% en moyenne par site, offrant un relogement digne aux vendeuses qui occupaient auparavant les trottoirs. Ces nouvelles infrastructures sont désormais dotées de sols dallés, d’une ventilation naturelle performante et d’un système de gestion des déchets intégré. Pour les commerçantes béninoises, travailler ne signifie plus affronter les éléments, mais évoluer dans un environnement salubre et respectueux.

Sécurité et services : un bouclier pour le capital commercial

L’une des avancées majeures de cette dernière décennie réside dans la sécurisation des investissements des commerçants. Chaque nouveau marché est équipé de dispositifs de lutte contre l’incendie (RIA), de systèmes de vidéosurveillance et de clôtures périmétrales. Cette rigueur sécuritaire a un impact direct sur le quotidien : le risque de sinistre lié aux installations électriques a été réduit de près de 90% grâce à la mise aux normes systématique des compteurs et du câblage. La crainte de voir son stock réduit en cendres pendant la nuit a cédé la place à une nouvelle sérénité.

De surcroît, la modernisation a intégré une dimension humaine et sociale essentielle. Pour la première fois, ces marchés offrent des services de proximité : 100% des nouveaux complexes urbains disposent de blocs sanitaires modernes, d’infirmeries et, innovation notable, de garderies ou de crèches. Ces espaces permettent aux mères de famille de concilier leur activité économique et l’éducation de leurs enfants, réduisant ainsi les risques d’accidents domestiques sur les lieux de vente.

Une efficacité administrative au service de l’échange commercial

La transformation du quotidien ne se limite pas aux enceintes des marchés. La dématérialisation des services publics, initiée par le gouvernement, a grandement simplifié les procédures administratives pour les opérateurs économiques. Qu’il s’agisse de l’obtention de documents officiels via l’ANIP ou de la facilitation des micro-crédits, les commerçants béninois bénéficient d’un gain de temps précieux. Le délai d’obtention de certains documents administratifs est passé de plusieurs semaines à moins de 48 heures grâce aux plateformes numériques.

De Cotonou à Natitingou, en passant par Azovè et Parakou, le maillage des infrastructures routières complète ce tableau. Le désenclavement des zones de production, grâce à l’asphaltage (plus de 600 km de voiries urbaines modernisées) et à l’amélioration du réseau routier national, assure un approvisionnement plus rapide. La réduction des temps de trajet pour le transport des denrées périssables a permis de diminuer les pertes post-récolte, renforçant ainsi la rentabilité des petites et moyennes entreprises commerciales qui constituent le moteur de l’économie béninoise.

L’étendue d’une ambition nationale

L’ampleur des réalisations se manifeste par la présence de ces nouveaux pôles commerciaux dans chaque département :

  • Littoral : Cadjèhoun, Midombo, Ménontin, Gbégamey, Sainte-Trinité, Tokplegbé, Aïdjèdo, PK3, Xwlacodji.
  • Ouémé : Ahouangbo, Ouando, Djègan-Ipéko, Araromi.
  • Atlantique : Pahou, Kpassè, Cococodji, Cocotomey, Zinvié, Abomey-Calavi, Houègbo.
  • Zou & Collines : Houndjro, Bohicon, Covè, Glazoué, Savalou, Dassa-Zoumè.
  • Borgou & Atacora : Guèma, Arzèkè (extension), Natitingou, Kouandé, Djougou.
  • Mono & Couffo : Grand-Popo, Comé, Azovè, Dogbo.

En dix ans, le visage du commerce béninois a changé de siècle. Les commerçants, autrefois livrés à eux-mêmes, sont désormais au cœur d’un écosystème moderne, structuré et protecteur.