Au Cameroun, issa tchiroma bakary dénonce un pillage de plus de 10 000 milliards de francs

Issa Tchiroma Bakary détaille le pillage des ressources camerounaises dans une déclaration choc

Issa Tchiroma Bakary a rendu publique une déclaration accablante, étayée de chiffres précis, dénonçant le braquage des ressources naturelles, les marchés frauduleux, la fraude fiscale et l’enrichissement du clan présidentiel. Voici les principaux éléments de son intervention.

Le premier volet concerne les ressources du sous-sol. Selon Bakary, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a généré pendant 40 ans des recettes pétrolières hors de tout contrôle parlementaire et sans transparence. Le pétrole aurait été vendu à Glencore à moins de 30 % de sa valeur, et des cargaisons entières auraient disparu. Dans le même temps, 80 % du bois est exporté illégalement. Au total, la spoliation de l’or, du pétrole et du bois représenterait plus de 10 000 milliards de francs CFA.

Deuxième volet : les détournements via les marchés publics. Les lignes budgétaires 65 et 94, couvrant la période 2012-2021, auraient été purement et simplement effacées, représentant 5 400 milliards de dépenses sans justification. Le Tribunal criminel spécial (TCS) a condamné des fonctionnaires pour près de 9 000 milliards de détournements entre 1997 et 2021. Plus de 20 000 fonctionnaires fantômes auraient été rémunérés, causant un préjudice annuel de 200 milliards. Les surfacturations massives autour de l’autoroute Yaoundé-Douala, de la CAN 2021 et des vaccins anti-Covid dépassent 500 milliards.

Troisième volet : la fraude fiscale et douanière. L’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et la Commission nationale anti-corruption (CONAC) ont documenté 1 665 milliards de flux suspects rien qu’en 2023, 1 246 milliards de fraude douanière sur six ans, et 1 745 milliards de fraude de scanning au port de Douala imputée à SGS. Bakary a dénoncé la lutte entre clans pour le contrôle de cette fraude institutionnalisée.

Quatrième volet : l’enrichissement personnel du clan Biya. Des biens immobiliers en France (évalués à 744 millions d’euros), le domaine de Nyom (18 milliards), des propriétés à Dubaï (44 milliards) et des séjours à l’hôtel Continental de Genève (50 000 dollars la nuit) sont cités. Aucune déclaration de patrimoine n’a été effectuée, en violation de l’article 66 de la Constitution.

Le montant total de la prédation est estimé, selon un scénario conservateur, à 26 000 milliards de francs CFA. Ce chiffre pourrait atteindre 80 000 milliards par extrapolation. Avec 26 000 milliards, le Cameroun aurait pu financer 36 années de salaires pour l’ensemble des 380 000 enseignants, soignants et soldats, ou construire 2 600 hôpitaux de district, soit 260 par région.

En conclusion, Bakary a averti qu’il n’y aura ni amnistie ni négociation secrète, et que tout haut fonctionnaire coupable de malversation devra répondre de ses actes devant les juridictions nationales et internationales.