L’imam sunnite Mohamad Ishaq Kindo a été interpellé ce mardi à Ouagadougou par les forces de sécurité. Cette arrestation survient quelques jours après que le religieux a vivement critiqué un projet de loi sur les libertés religieuses. L’événement a rapidement engendré des tensions et des manifestations au sein de la capitale burkinabè.
Une interpellation tendue en pleine capitale burkinabè
Des sources proches et la Fédération des associations islamiques du Burkina confirment que l’imam Mohamad Ishaq Kindo a été arrêté mardi après-midi par des policiers et des militaires encagoulés. Cette intervention, réalisée à la veille de la célébration musulmane de l’Aïd, a provoqué des altercations entre les forces de l’ordre et les fidèles présents sur les lieux. Plusieurs personnes auraient été blessées lors de l’interpellation, selon des témoignages d’entourage de l’imam. La localisation actuelle du religieux demeure inconnue.
Des critiques virulentes contre une nouvelle législation
Quarante-huit heures avant son arrestation, une bande sonore diffusée massivement sur les plateformes numériques révélait l’imam exprimant de vives critiques à l’encontre d’un projet de loi. Ce texte, adopté en mars, vise à encadrer l’exercice des libertés religieuses au Burkina Faso. Dans son sermon, Mohamad Ishaq Kindo avait mis en garde les autorités contre toute tentative d’interdire les prières dans les lieux publics. Il avait également exhorté les dirigeants à « s’interroger davantage sur la portée de leurs décisions avant d’agir ».
Manifestation dispersée par les forces de sécurité
Quelques heures seulement après l’arrestation de l’imam, des centaines d’individus se sont rassemblés à Ouagadougou pour exiger sa libération immédiate. D’après des témoins oculaires, les forces de sécurité ont dispersé le rassemblement en utilisant des gaz lacrymogènes. Face à cette situation, la Fédération des associations islamiques du Burkina a lancé un appel au calme, à la retenue et à la sérénité à l’ensemble des fidèles musulmans.
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