Troisième usine d’eau potable à Niamey : un chantier stratégique pour le Niger

Un projet d’envergure pour sécuriser l’approvisionnement en eau de la capitale nigérienne

Une délégation de haut niveau, composée du Coordonnateur national du Projet Plateforme Intégrée pour la Sécurité de l’Eau au Niger (PISEN), M. Zibo Zakara, du chargé du Projet à la Banque mondiale, M. Mohamed Nanzoul, ainsi que des responsables de la Société de Patrimoine des Eaux du Niger (SPEN), a effectué une visite technique sur les sites clés de la future troisième usine de traitement et production d’eau potable de Niamey. L’inspection a porté sur les infrastructures de prise d’eau, le chantier principal de l’usine et les réservoirs prévus pour desservir les zones périphériques de la ville.

Une capacité progressive pour répondre aux besoins croissants

Inscrit dans le schéma directeur d’hydraulique urbaine et semi-urbaine adopté par la SPEN en 2017, ce projet vise à renforcer significativement l’accès à l’eau potable dans les quartiers en expansion de Niamey. La nouvelle usine, dont la capacité finale atteindra 250 000 m³ par jour, sera construite en trois phases : une première tranche de 100 000 m³/jour, suivie de deux autres de 75 000 m³/jour. À terme, cette infrastructure devrait couvrir les besoins en eau de la capitale jusqu’en 2035.

chantier de la troisième usine d'eau potable à Niamey

Des infrastructures complémentaires pour une distribution optimale

Sur le site de prise d’eau, les techniciens ont détaillé le processus de transfert vers le plateau où une unité de traitement est en construction. Les eaux brutes seront acheminées vers deux réservoirs d’une capacité unitaire de 2 500 m³, situés sur le plateau de Yawari. Ces réservoirs joueront un rôle clé dans la desserte des quartiers périphériques, souvent confrontés à des pénuries.

M. Zibo Zakara, Coordonnateur national du PISEN, a confirmé que cette première phase de 100 000 m³/jour garantira un approvisionnement suffisant pour Niamey jusqu’en 2035. Le projet, structuré en 10 lots, prévoit également des extensions ultérieures pour faire face à l’accroissement démographique. Malgré des retards initiaux, les travaux connaissent désormais une vitesse de croisière notable, notamment sur les lots 6 et 7, où les excavations sont en cours et les équipes locales mobilisées.

Un engagement conjoint pour le développement durable

M. Mohamed Nanzoul, représentant de la Banque mondiale, a salué les progrès réalisés et réaffirmé le soutien de l’institution à ce projet d’envergure. « L’avancement actuel est appréciable et s’inscrit dans une vision de long terme pour améliorer le bien-être des populations », a-t-il déclaré. De son côté, M. Haladou Laouali Amani, chef des travaux, a précisé que les phases préparatoires — études topographiques, géotechniques et collecte de données — sont désormais achevées. Le chantier, qui mobilise massivement des ressources humaines locales, devrait se traduire par 45 000 branchements sociaux, transformant durablement l’accès à l’eau pour des milliers de foyers.

Avec une capacité totale de 250 000 m³/jour, cette troisième usine s’impose comme l’un des plus grands projets hydrauliques jamais réalisés au Niger, marquant une étape majeure vers l’autonomie en eau potable de la capitale.