Transfert de khalaili à l’inter milan bloqué : pourquoi la série a impose des contrôles cardiaques si stricts

Transfert de Khalaili à l’Inter Milan avorté : pourquoi la Serie A impose des contrôles cardiaques ultra-stricts ?

Le transfert tant attendu du milieu offensif israélien Anan Khalaili vers l’Inter Milan a capoté en raison d’un échec aux examens médicaux complémentaires. Après des tests initiaux classiques réalisés ce week-end, le joueur a dû subir des examens approfondis ce lundi à l’hôpital Humanitas de Rozzano, en périphérie de Milan. Sans succès. Les raisons exactes de ce rejet médical n’ont pas été communiquées, mais une chose est certaine : le protocole italien en matière de santé cardiaque est l’un des plus rigoureux d’Europe. Une spécificité qui pourrait bien ouvrir d’autres opportunités pour Khalaili dans un championnat moins exigeant.

Des examens médicaux obligatoires, mais pas partout aussi stricts

Dans le football professionnel comme dans d’autres sports de haut niveau, chaque joueur sous contrat ou en phase de recrutement doit obligatoirement passer une batterie de tests médicaux dans un centre agréé. Ces examens, souvent réalisés en début de carrière ou lors d’un transfert, visent à garantir l’aptitude physique du sportif. En cas de doute sur un résultat, une analyse supplémentaire est réalisée par un spécialiste, généralement un cardiologue.

Contrairement à d’autres championnats européens où les clubs peuvent parfois négocier des dérogations ou des ajustements, la Serie A applique une règle inflexible : soit le joueur est jugé apte, soit il ne l’est pas. Point final. Aucune marge de manœuvre, aucune exception possible. Cette rigueur s’explique par une réglementation strictement encadrée par des instances indépendantes, et non par les clubs ou les joueurs eux-mêmes.

Une réglementation née dans les années 1980 et renforcée depuis

L’Italie a instauré ce protocole particulièrement exigeant dès 1982, à la suite d’une loi ministérielle désignant des centres de médecine sportive agréés pour évaluer les athlètes professionnels. Le texte de 1995 a ensuite renforcé ces dispositions en introduisant des examens cardiovasculaires supplémentaires, notamment des échocardiographies et des tests d’effort poussés. « Le caractère strict de notre protocole peut être discuté, mais pour nous, c’est une question éthique fondamentale », explique Paolo Zeppilli, ancien professeur de médecine sportive et cardiologue ayant collaboré avec la fédération italienne. « Si un athlète risque sa vie sur le terrain, je ne peux pas le laisser jouer. Les autres pays devraient adopter une approche similaire, car la santé prime sur tout. »

Des cas emblématiques qui illustrent cette rigueur

Plusieurs joueurs ont été confrontés à cette réalité en Serie A. Edoardo Bove, par exemple, a dû arrêter sa carrière après un arrêt cardiaque survenu pendant un match. De même, Christian Eriksen, victime d’un malaise cardiaque lors de l’Euro 2021, n’a jamais pu rejouer en Italie. Les deux ont finalement repris leur carrière en Angleterre, où les règles sont moins contraignantes. Pourtant, même Eriksen a subi un nouveau choc cardiaque en juin dernier avec le Danemark, rappelant cruellement les risques encourus.

Cette sévérité italienne, bien que critiquable sur le plan sportif, vise avant tout à protéger les joueurs. Une priorité que peu de championnats européens placent au même niveau. Pour Khalaili, cette situation pourrait donc se transformer en opportunité : un transfert vers un championnat moins strict lui permettrait de poursuivre sa carrière sans entrave.