Lors d’un rassemblement organisé ce mercredi 13 mai à leur siège du quartier Bololo, dans le 2ᵉ arrondissement de N’Djamena, les responsables du parti Les Patriotes ont exprimé leur vive inquiétude. Le porte-parole de la formation, Hisseine Abdoulaye, a dressé le constat d’une situation nationale marquée par une instabilité profonde, tant sur le plan de la sécurité que sur celui des libertés publiques.
Une menace sécuritaire persistante aux frontières
Le Tchad traverse une zone de turbulences sécuritaires préoccupante. Le parti pointe notamment la recrudescence des assauts menés par Boko Haram dans la province du Lac. Les récentes opérations militaires à Barka Tolorom et Kaïga Kindjiria ont été particulièrement meurtrières, coûtant la vie à 23 soldats. En complément de cette menace terroriste, des tensions intercommunautaires s’enveniment dans l’est et le sud du pays. Dans le Wadi Fira, l’afflux d’armes à feu issues du Soudan a exacerbé des conflits tribaux, dont le bilan s’élève à plus de 40 victimes.
Dénonciation d’un musellement de l’opposition
Sur le terrain politique, Les Patriotes s’insurgent contre ce qu’ils qualifient de répression systématique des voix critiques. Le parti cite la disparition de Yaya Dillo, l’emprisonnement de Succès Masra ainsi que la dissolution du GCAP par la Cour suprême comme les preuves d’un rétrécissement de l’espace démocratique. Les atteintes répétées à la liberté de la presse et aux libertés fondamentales sont également au cœur de leurs préoccupations.
Le point de discorde majeur reste la condamnation à huit ans de réclusion criminelle de huit présidents de partis politiques. Parmi eux figure Nassour Ibrahim Koursami, leader de Les Patriotes. Arrêtés le 25 avril dernier dans les locaux du PAP/JS, ces cadres sont poursuivis pour insurrection et détention illégale d’armes de guerre. Pour le parti, ces accusations sont dénuées de fondement matériel et résultent d’une procédure judiciaire accélérée visant à écarter les adversaires politiques gênants.
Un cri de ralliement pour la démocratie
Face à ce qu’il décrit comme une manœuvre orchestrée par les autorités administratives et judiciaires, le parti exige l’élargissement immédiat des condamnés. Hisseine Abdoulaye a sollicité une attention particulière de la communauté internationale sur l’évolution de la situation au Tchad. En conclusion, il a invité la population à une mobilisation citoyenne pour mettre fin à l’arbitraire, soulignant que la vérité reste le rempart ultime face aux dérives du pouvoir.
Vous pourrez aussi être intéressé par
-
Le Niger remodèle sa carte administrative pour renforcer la sécurité nationale
-
Burkina Faso : l’inquiétante marginalisation des communautés peules sous la transition
-
Les défis périlleux de la contraception dans les zones de conflit à Tillabéri
-
Coopération militaire entre le Tchad et la Centrafrique : une nouvelle dynamique pour sécuriser les frontières
-
Une rencontre virtuelle pour la communauté américaine résidant au Tchad
