Lors d’une allocution publique tenue ce dimanche à Sadio, dans la région de Diourbel, Ousmane Sonko a transformé son discours en une plateforme de clarification des rapports de force au sein de l’État. Moins un appel à la mobilisation qu’un règlement de comptes subtil avec le président Bassirou Diomaye Faye.
En s’appuyant sur un bilan, le leader du parti Pastef a rappelé, sans ambiguïté, son rôle clé dans l’élection de Bassirou Diomaye Faye en 2024. Une victoire qualifiée d’historique par ses partisans, mais que Sonko semble désormais revendiquer comme sienne. Deux ans après les urnes, il réaffirme ainsi sa paternité sur l’accession au pouvoir, soulignant une légitimité qu’il estime méconnue.
L’espoir populaire sacrifié ?
Le ton s’est fait plus incisif lorsqu’il a évoqué un espoir qui, selon lui, s’est dissipé. La population de Sadio en aurait pleinement conscience, déclare-t-il. Sonko pointe alors un écart croissant entre le président Faye et le projet politique initialement porté devant les Sénégalais. Une distinction claire entre la trajectoire du chef de l’État et celle du parti, rarement exprimée aussi ouvertement en public par le leader de Pastef.
Sonko, architecte d’un héritage politique à préserver
Avec une précision calculée, Ousmane Sonko affirme avoir accompli 80 % du combat politique sous son impulsion. Les échéances de 2026 et 2029 sont présentées comme les jalons nécessaires pour finaliser ce qu’il considère comme son propre projet. En se positionnant comme le garant de la ligne originelle, il dépasse le simple rôle de soutien au pouvoir en place.
Le message, à double tranchant, s’adresse à la fois aux militants de base et aux plus hautes sphères de l’État. Il semble ainsi rappeler, sans le dire explicitement, son ascendant politique sur une alliance exécutive dont il laisse entendre, à demi-mots, qu’elle s’éloigne de ses ambitions.
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