Sonelgaz-international : une centrale de 40 mw bientôt opérationnelle à N’Djamena

L’Afrique centrale s’apprête à accueillir une nouvelle infrastructure énergétique majeure

Après avoir marqué l’histoire énergétique du Niger avec la mise en service de la centrale de Gorou Banda à Niamey, Sonelgaz-International s’apprête à franchir une nouvelle étape avec le lancement imminent d’une centrale électrique de 40 mégawatts à N’Djamena, au Tchad. Cette réalisation s’inscrit dans le cadre d’une stratégie africaine ambitieuse visant à renforcer l’autonomie énergétique des pays du continent.

Un projet phare pour le développement énergétique tchadien

Lors de l’inauguration de l’infrastructure nigérienne, le ministre tchadien de l’Énergie et des Énergies renouvelables a confirmé la prochaine étape : la pose de la première pierre d’une centrale de 40 MW dans la capitale tchadienne. Ce projet, fruit d’un accord bilatéral signé entre l’Algérie et le Tchad en mai, illustre la volonté des deux nations de collaborer étroitement sur des enjeux stratégiques.

Le responsable gouvernemental a souligné que cette centrale permettra d’accroître significativement la production nationale, répondant ainsi à une demande énergétique croissante. Il a également évoqué la possibilité de futures réalisations similaires, notamment en Côte d’Ivoire et au Mozambique, où l’intérêt pour l’expertise algérienne ne cesse de grandir.

Une logistique exceptionnelle pour un projet d’envergure

Le PDG de Sonelgaz-International, Yazid Djellouli, a qualifié cette opération de « véritable exploit industriel et logistique ». En effet, la mise en œuvre du projet nigérien a nécessité une organisation minutieuse, avec plus de vingt rotations aériennes assurées par Air Algérie Cargo pour acheminer les équipements depuis l’Algérie. Une cinquantaine de spécialistes algériens ont été mobilisés sur place dès le mois de mars, démontrant l’engagement immédiat de l’entreprise.

« Nous avons réussi à réaliser cette centrale dans un délai record », a déclaré M. Djellouli. « Il s’agit du premier pas de Sonelgaz-International à l’étranger, et d’autres suivront, au Niger comme dans d’autres pays africains. » Cette réussite positionne l’entreprise comme un acteur clé de la transition énergétique sur le continent.

Des retombées bien au-delà de la production électrique

Au-delà de la simple production d’électricité, ce projet s’accompagne de plusieurs initiatives complémentaires. Des études sont actuellement menées pour réhabiliter et renforcer le réseau électrique nigérien, notamment sur l’axe Niamey-Agadez. Ces travaux pourraient déboucher sur de futurs contrats, consolidant ainsi la présence de l’entreprise dans la région.

Le directeur de la communication du ministère algérien de l’Énergie a révélé que des formations ont été dispensées à des cadres nigériens pour assurer l’exploitation et la maintenance des installations. Par ailleurs, un projet de comptoir de pièces détachées est à l’étude, renforçant ainsi l’autonomie locale.

La directrice générale de la NIGELEC, Fati Abarchi, a salué cette collaboration, la qualifiant d’« expérience exceptionnelle » et estimant qu’elle marquera durablement le secteur énergétique nigérien. Elle a ajouté que cette centrale « entrera dans l’histoire » du pays, tant son impact sera significatif.

Une dynamique africaine en marche

Ce projet s’inscrit dans une vision plus large : celle d’une Algérie exportant son savoir-faire énergétique à travers l’Afrique. Yazid Djellouli a rappelé que l’entreprise a déjà mené à bien des programmes de 8 000 MW et 4 000 MW avec des partenaires internationaux, ce qui a permis la création de Sonelgaz-International et l’exportation de cette expertise.

Avec des discussions en cours pour d’autres projets similaires, l’avenir énergétique du continent semble prometteur. L’Algérie, déjà reconnue pour ses ressources, se positionne désormais comme un acteur incontournable de la transition énergétique africaine, tout en renforçant ses liens avec les pays partenaires.